La dette risque de peser longtemps sur la croissance, dit le FMI
Mais le FMI ajoute que les difficultés actuelles de l'Europe liées à la dette publique, qui ont poussé la Grèce au bord du défaut et ont forcé les responsables politiques à élaborer un plan de stabilisation de 750 milliards d'euros, montrent que les marchés financiers peuvent contraindre les dirigeants à agir si ces derniers ne prennent pas l'initiative.
L'organisation dirigée par Dominique Strauss-Kahn se dit sensible aux craintes de voir des politiques d'assainissement budgétaire handicaper la reprise si elles sont engagées trop tôt, mais elle ajoute que ces politiques devraient dès à présent être davantage planifiées.
"Je suis convaincu qu'il y a beaucoup de choses que les pays peuvent faire aujourd'hui pour renforcer la confiance dans la solidité budgétaire à long terme sans compromettre les perspectives de croissance", a dit Dominique Strauss-Kahn.
LE SALUT DANS LA FISCALITÉ
Même s'il juge improbable une perte totale de confiance des investisseurs dans les finances des Etats, le Fonds ajoute que les expériences récentes de l'Europe "ont clairement montré que ce risque ne peut pas être ignoré".
Il souligne qu'au sein du G7, le rapport entre la dette publique et le produit intérieur brut (PIB) est en passe de dépasser les niveaux observés après la Seconde Guerre mondiale.
Sur la base des politiques actuelles, le ratio dette/PIB des économies avancées risque d'augmenter de 20 points supplémentaires pour atteindre 110% d'ici 2015, estime-t-il, alors qu'il était plus proche de 60% en 2007,
Le FMI avertit que se contenter de stabiliser la dette à son niveau actuel plutôt que de la ramener à ses niveaux d'avant la crise aurait pour effet de ralentir la croissance économique.
Il suggère aussi d'améliorer la collecte de la TVA dans les pays qui en sont dotés et d'instaurer une taxe sur la valeur ajoutée là où elle est encore absente, comme aux Etats-Unis.
"Par exemple, la mise en place d'une TVA aux Etats-Unis et un doublement du taux de TVA très bas du Japon pourrait permettre de lever 4,5% et 2,6% du PIB respectivement dans ces pays", poursuit le FMI.
Parmi les autres possibilités évoquées par le rapport figurent une augmentation de la fiscalité de l'alcool, du tabac et des carburants, l'adoption d'une taxe sur les émissions de dioxyde de carbone et le relèvement des taxes sur l'immobilier.
par Emily Kaiser

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