jeudi 16 mai 2013



lundi 13 mai 2013

lundi 6 mai 2013


Contre le « Hollande bashing »
Jacques Julliard
Mariane


François Holland en déplacement à Châlons-en Champagne - WITT/SIPA
François Holland en déplacement à Châlons-en Champagne -

« Dictateur ! » (Hollande vu par les antimariage gay) ; « CRS SS ! » (les mêmes, jouant un Mai 68 à retardement) ;« Salopards ! » (Mélenchon et les siens, parlant des ministres) ; « Pourris ! » (la classe politique tout entière selon les sondages). Il y a, dans cette escalade verbale, dans ce recours permanent à l'insulte et au mensonge, dans ce cru qu'on ne saurait croire, quelque chose qui va bien au-delà de l'exagération méditerranéenne.
C'est le consentement à la bassesse.
Pour s'élever, il faut faire effort. Pour s'abaisser, il suffit de se laisser aller. Oui, il y a là quelque chose qui menace de ne plus s'arrêter, comme la chienlit des dégénérés fascistes, comme la veulerie des révolutionnaires de ruisseau.

Quelque chose qui, au-delà de la haine de l'adversaire, parfois surjouée, relève de la haine de soi, authentique celle-là. Nous ne pouvons en effet continuer longtemps sur ce ton sans détruire notre estime de nous-mêmes, et une certaine idée que nous nous faisons de la France.

Cette répugnante odeur de sang, de curée et de carnage que l'on respire autour de DSK, de Cahuzac, nous allons la payer un jour. Sous prétexte d'indignation et de vertu, nous sommes entrés dans un processus d'autodestruction, où toutes les passions démocratiques, l'envie, la peur, la colère conspirent contre la démocratie elle-même.
Dans ce processus hystérique, la presse joue un rôle de chef d'orchestre. Tenez : l'hallali autour de François Hollande, de l'extrême droite à l'extrême gauche, a quelque chose d'obscène. On peut discuter sa politique. Il faut discuter sa politique. S'interroger sur ses choix. Si on les récuse, en proposer d'autres. On peut le faire sans renoncer à sa dignité ! Il fut élu, François Hollande, sur une réaction de dignité face à l'hystérisation de la politique, telle que l'avait conçue et incarnée Nicolas Sarkozy. Imaginez un peu le cirque qu'eût été, sous l'ancien président, le retour des otages du Cameroun. La famille Moulin-Fournier et le président ont été admirables de sobriété. Pourquoi ne pas le dire ?

La presse a des excuses, parce que la presse se porte mal, quotidiens et hebdos confondus, et
Marianne dans le lot. Sans la poignante urgence de vendre, l'Obs n'aurait pas fait de Marcela Iacub un grand écrivain, ni l'Express, sa danse du scalp hebdomadaire autour de Hollande, ni Libération, sa une indigne sur des racontars visant Laurent Fabius.

Mais soyons-en persuadés : ceux-là mêmes, parmi les lecteurs, qui se jettent avec gourmandise sur ce qu'on leur propose de plus bas, seront demain les premiers à sanctionner l'appel à leurs instincts les moins avouables.
La version complète de cet article est parue dans le magazine Marianne en kiosques du 27 avril au 3 mai

dimanche 5 mai 2013


Un an !
Juste une petite année !
Et le Hollande bashing bat son plein !
La presse ...il faut vendre du papier.
La droite « classique » ….dans les limbes .
Il reste les deux « front » , les deux extrêmes !
Un "grand coup de balais" ... Et après ?

Avec des points communs :

1°/  M.Le Pen, Mélenchon, seul objectif ... l'Élysée !
2°/  Un rejet total de François Hollande .
Pour la première,ce n'est pas la personne mais la position.
Pour le second il faut ajouter une rancoeur personnelle viscérale,
qui va jusqu'à espérer l'échec de la gauche ! ! !
3°/  Enfin, pour nous proposer une politique du pire .
ALORS,
Peut-être le moment est-il venu de « faire une pose »,
et commencer à réfléchir et analyser, sans préjugé avec lucidité
l'action de notre gouvernement .
Il faut un peu de patience, les baguettes magiques
on les trouve dans les contes !
Il me semble que ce serait plus opportun, plus productif,
dans l'intérêt de tous, de cesser de critiquer systématiquement,
Ils y arriverons, j'en suis certaine.

samedi 4 mai 2013


L'affaire Guéant ne fait que commencer

Par Karl Laske
Médiaparr

« Jamais je n’ai vu passer de financement libyen »,

a répété Claude Guéant, brièvement questionné par Mediapart, jeudi. L’ancien ministre de l’intérieur le clame partout : le virement de 500 000 euros qu’il a reçu en 2008, dévoilé cette semaine par le Canard enchaîné, n’a « rien à voir » avec la Libye. Ses explications confuses, et très vite démenties (lire ici et la), n’y changent rien. Qu’il parvienne ou pas à clarifier l’origine de ses fonds, l’ancien proche collaborateur de Nicolas Sarkozy est devenu, par la faute de l’intermédiaire Ziad Takieddine, l’un des premiers suspects dans l’enquête sur le financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.
L’information judiciaire contre X... confiée le 19 avril aux juges Serge Tournaire et René Grouman pour « corruption active et passive » et « trafic d'influence » vise, entre autres, à vérifier si Claude Guéant a pu donner à Bachir Saleh, l’ex-directeur de cabinet de Mouammar Kadhafi, « les indications bancaires nécessaires aux virements » destinés à la présidentielle, comme Takieddine l’a affirmé. « Les éléments existants sur le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy de 2007 » vont « au-delà de 50 millions d’euros » a déclaré l’intermédiaire jadis proche de Guéant, le 19 décembre dernier. Le document officiel libyen révélé par Mediapart, en avril 2012, faisait état du déblocage d’une somme de 50 millions en faveur de Sarkozy.


Nicolas Sarkozy et Claude Guéant, à l'Elysée© Reuters
Les archives informatiques de l’intermédiaire – notes et courriers que Mediapart a popularisés en juillet et août 2011, dans la série des « documents Takieddine » – ont été résumées récemment dans un rapport des policiers de la Brigade centrale de lutte contre la corruption (BCLC). Claude Guéant et ses initiales « CG » y figurent partout. Une lecture attentive de ces notes nous offre l’histoire de la dérive d’un préfet, dont le train de vie actuel n’est que l’un des indices.
Comme directeur de cabinet du ministre de l’intérieur, puis secrétaire général de l’Élysée, Claude Guéant a progressivement, contre tous les usages, fait appel à un intermédiaire en armement – en la personne de Ziad Takieddine – pour gérer ses contacts en Arabie saoudite, en Libye, en Syrie et au Liban. Lui soumettant au passage des projets de courriers et de déclarations officielles pour en obtenir la validation. Offrant un coup de pouce à ses objectifs commerciaux : ici la surveillance des frontières, là la surveillance d’internet, ou encore un gisement gazier en Libye. L’intermédiaire a utilisé cette caution du ministère de l'intérieur, puis de l’Élysée, pour conclure des marchés d'armement et de sécurité, allant jusqu’à imaginer avec Claude Guéant le projet d’une société franco-libyenne dont le collaborateur du président élu en 2007 aurait supervisé l’activité. Ce que les notes de l’intermédiaire nous apprennent de Claude Guéant font de lui un maillon essentiel de l’affaire Kadhafi-Sarkozy.
    En 2003 déjà, le soupçon d’un financement de la campagne présidentielle de 2007
Il y a un précédent à l’affaire libyenne. En 2003, Ziad Takieddine a offert à Claude Guéant d’aider le ministère de l’intérieur à décrocher l’immense contrat de surveillance des frontières de l’Arabie saoudite – baptisé Miksa. Plusieurs de ses amis l’introduisent : Thierry Gaubert, Jean-François Copé et Brice Hortefeux. L’intermédiaire se prévaut de ses bons et loyaux services du temps de Balladur, lorsqu’il a assisté le même camp politique pour décrocher un contrat aussi important, celui des frégates Sawari vendues à l’Arabie, dont une partie de l’argent s’est déjà évaporée. Avec le feu vert de Sarkozy, Takieddine conduit donc Claude Guéant et Brice Hortefeux chez son homologue de l’intérieur à Riyad, le prince Nayef, en octobre 2003. Peu après, il élabore une « proposition technique et financière», s’inspirant explicitement de celle des frégates Sawari.

« Il sera préférable que “CG” se déplace seul et que le déplacement s'effectue “sans fanfare”»

Ses notes signalent aussitôt un autre enjeu que la surveillance des frontières de l’Arabie et de mystérieuses dissensions entre le « patron », c’est ainsi qu’il désigne Nicolas Sarkozy, et « le numéro 1 », Jacques Chirac. « Il y a eu beaucoup d'interrogations sur les relations du “patron” avec le numéro 1, et son système. Mes interlocuteurs ne souhaitent en aucune façon intervenir dans cette “bagarre” franco-française, et solliciteront des garanties personnelles de la part du “patron” lui-même », résume Takieddine.
Les financements occultes sont évoqués : « Une nouvelle structure, complètement dépendante de son Ministère, a été créée pour assurer le rôle de Conseil sur le Projet. Celle-ci sera capable de couvrir le sujet “sensible” par le biais de ses honoraires. » Cette nouvelle structure s’appelle Civipol et ce sujet est d’autant plus “sensible” que « la banque d’affaires du P », c’est-à-dire du patron, est censée intervenir dans le contrat. Takieddine donne le pourcentage de la commission, naturellement occulte, escomptée : « une signature d'un contrat (5 %) avant la “grande” visite. (Intervention du Dircab nécessaire) ». Par un contrat avec Civipol, une société offshore domiciliée à Gibraltar, Blue Planet Limited, doit encaisser 350 millions d'euros.
Jean-François Copé et Ziad Takieddine au ministère de l'intérieur© DR


Mais le deal est bloqué in extremis par l'Élysée. « Le président Chirac y voyait un danger lié au financement de la présidentielle de 2007, a expliqué l’ancien dirigeant de l’office d’armement Sofresa, Michel Mazens, à Mediapart. Sur ordre du président de la République, je suis allé prendre connaissance du dossier, dans le bureau de Claude Guéant, plusieurs samedis consécutifs. Ma conviction était que le ministère de l'intérieur n'avait pas les compétences industrielles pour négocier un tel contrat. » Multipliant notes et réunions avec Guéant, Takieddine s’active encore, mais cette partie est perdue.
    En 2005, le « caractère secret » de la visite de Guéant en Libye pour évoquer l’« autre sujet important ».
La première visite de Nicolas Sarkozy en Libye, en tant que ministre de l'intérieur, se prépare. Et l’intermédiaire prévoit de tenter la même opération, avec cet autre pays. Le 6 septembre 2005, Ziad Takieddine envoie une note « confidentielle » à Claude Guéant. Les sujets officiels sont rappelés (terrorisme, immigration, Afrique du Nord...), l’enjeu des contrats commerciaux aussi (protection des frontières, cartes d'identité, passeports).
Takieddine précise que la visite de M. Sarkozy doit être précédée d'une « visite préparatoire du directeur de cabinet » qui « revêt une extrême importance ». « La visite préparatoire est inhabituelle. Elle doit revêtir un caractère secret », écrit Ziad Takieddine : « Pour cette raison, il sera préférable que CG se déplace seul et que le déplacement s'effectue “sans fanfare”. » « L'autre avantage : plus d'aise pour évoquer l'autre sujet important, de la manière la plus directe... », note-t-il.
Le 22 septembre 2005, une nouvelle note intitulée « visite de CG » met au point dans les moindres détails la venue de Guéant à Tripoli. « Tête à tête avec le Leader » ; « Avec le Ministre de l'Intérieur : jusqu'où ? » ; « Dîner avec le N° 2 (patron de la Sécurité et de la Défense) et le Ministre Libyen de l'intérieur - sans l'ambassadeur ? et ZT. ». On mesure ici à quel point l'intermédiaire en armement a pris la main sur l'agenda du ministre et de son équipe.
Takieddine en profite pour négocier des contrats d’armement et de sécurité. Le programme « Homeland Security Program » est signé en 2007 pour 26,5 millions d'euros, par Philippe Vannier, l'actuel PDG de Bull, grâce aux bons soins de Takieddine. Ce contrat inclut la vente d'équipements de cryptage des communications du régime (3 millions d'euros), mais aussi d'espionnage d'internet (12,5 millions d'euros). La filiale de Bull versera 4,5 millions d’euros de commissions entre décembre 2007 et octobre 2008 sur deux sociétés offshore de l’intermédiaire, Como holding et Tristar.


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« Entendu, je vais rencontrer monsieur Bachir et me mettre d’accord avec lui »

Takieddine assure qu’il ignore alors les détails du financement de la campagne présidentielle de 2007 qui se mettent en place. Il indique que Saif al-Islam Kadhafi lui a, a posteriori, confirmé l’opération : « Il m’a expliqué que cela faisait partie des affaires réservées qui ne me concernaient pas », a déclaré Takieddine. A posteriori également, M. Baghdadi Ali al-Mahmoudi, l’ancien premier ministre libyen, confirmera en octobre 2011 à la justice tunisienne, lors d’une audience publique, la réalité des versements au candidat Sarkozy.
« En tant que premier ministre, j’ai moi-même supervisé le dossier du financement de la campagne de Sarkozy depuis Tripoli, des fonds ont été transférés en Suisse et Nicolas Sarkozy était reconnaissant pour cette aide libyenne et n’a cessé de le répéter à certains intermédiaires. »
Aux avant-postes des premières négociations, Claude Guéant se prétend extérieur à l'affaire. Le document officiel libyen – dévoilé ici par Mediapart – qui annonce un déblocage des fonds mentionne, côté français, l'intervention de Brice Hortefeux. Côté libyen, Bachir Saleh, responsable du Libyan African Portfolio (LAP), le puissant fonds souverain libyen, semble être l'opérateur du déblocage des fonds.
  • En 2007, Claude Guéant cache l’intervention de Takieddine dans la libération des infirmières bulgares
Le 28 mai 2007, dix jours après son élection, Sarkozy a un entretien téléphonique officiel avec Kadhafi – dont Mediapart a publié ici le fac-similé en arabe. « Qui est la personne que je pourrai rencontrer pour échanger avec elle sur des questions délicates ? questionne le président français. Est-ce monsieur Bachir ou le ministre qui vient de votre part ? » « Bachir, confirme Kadhafi, car il parle français et vous pouvez vous entendre directement. » « Entendu, Monsieur le Leader, donc je vais rencontrer monsieur Bachir, insiste Nicolas Sarkozy, et me mettre d’accord avec lui. » Le président français évoque déjà sa visite en Libye, et l’invitation de Kadhafi à Paris. Il se dit « prêt à envoyer une mission d’exploration » sur l’énergie nucléaire.
Le 27 juillet 2007, à Tripoli© Reuters


La libération des infirmières bulgares – détenues depuis 1999 après la contamination par le virus du sida de près de 400 enfants à l'hôpital de Benghazi – n'est pas mentionnée par les deux dirigeants. Mais cet objectif mobilise le nouveau secrétaire général de l’Élysée et Ziad Takieddine. Dès le 11 juin 2007, une note de Takieddine à Guéant annonce un projet de déplacement à Tripoli de Brice Hortefeux, pourtant ministre de l’immigration et de l’identité nationale.
« Il pourrait y préparer l’officialisation des commandes pour la France, écrit Takieddine. Les sujets sont de deux ordres : « -Les infirmières Bulgares : Le Ministre est chargé de la négociation de l’accord en vue du dénouement de cette affaire par la France. Le Ministre discutera avec les autorités compétentes en charge de ce dossier (…). - La coopération et accords entre les deux pays, dans le domaine de la sécurité (frontières, cartes d’identité, passeports, et autres), Immigration. Signature d’accords souhaités par la France, faisant suite à la dernière visite du Ministre en Libye. »
Un nouvelle note annonce la visite de « CG », le 26 juin 2007, à Tripoli auprès de Saif al-Islam Kadhadi et Abdallah Senoussi, afin de mettre en œuvre « la méthode convenue avec CG » pour l’intervention financière du Qatar dans le dossier des infirmières. L’émirat aurait accepté de faire l’avance du montant de l’indemnisation des familles des enfants victimes du sida réclamée par les Libyens.
Une visite commune de Guéant et Takieddine à Tripoli en scelle le dénouement. « J’ai dit à M. Guéant est-ce que vous pouvez convaincre Mme Sarkozy de venir chercher les infirmières elle-même ? » a raconté l’intermédiaire, dans un entretien à BFM. C’est lui qui aurait avancé l’idée, approuvée par Kadhafi. « Pendant l’affaire des infirmières bulgares, il est arrivé à Takieddine de me téléphoner pour me donner des impressions d’ambiance, qui n’étaient pas sans intérêt, a reconnu Guéant auprès de Libération, en 2011. Mais la libération des infirmières a eu lieu en direct, sans intermédiaires. »

« Les relations avec le Président NS sont excellentes et de bon augure »

Entendu sous serment par la commission d'enquête parlementaire sur la libération des infirmières, Guéant avait curieusement caché l’intervention de Takieddine, tout en jurant que l'affaire s'était dénouée « sans aucune contrepartie ». « La France n'a pas échangé leur élargissement (des infirmières - ndlr) contre des perspectives de coopération supplémentaire », avait-il précisé.
Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée
En réalité, un courrier de Guéant aux autorités libyennes conservé par Takieddine prouve le contraire. Le 20 juillet 2007, Claude Guéant transmet depuis la présidence de la République une lettre officielle à Ziad Takieddine pour validation. Il y annonce qu’à la suite de cet accord, la France « s’engage à renforcer sa coopération (…) dans le domaine du développement technologique, du nucléaire civil et de la défense ». La signature d’un accord-cadre de coopération franco-libyenne et de sept accords bilatéraux, lors de la visite de Nicolas Sarkozy à Tripoli, au lendemain de la libération des infirmières, démontre la réalité du deal.
Dès le 3 septembre 2007, M. Takieddine reprend la plume pour souligner que « les relations avec le Président NS sont excellentes et de bon augure pour les relations entre les deux pays. Le Leader attend beaucoup de sa visite pour laquelle il convient de fixer une date rapidement ». La grande visite de Kadhafi à Paris est sur les rails.
  • Le secrétaire général de l’Élysée intervient
  • sur des contrats libyens
Fort de l’embellie des relations franco-libyennes, Takieddine expose dans une nouvelle note à Claude Guéant, à l’automne 2007, l’idée de constituer une société pour développer les échanges entre les deux pays.
« Point à faire sur sa constitution et qui va être à sa tête pour qu’elle puisse être sous le contrôle total de CG », souligne l’intermédiaire. « En ce qui concerne la Libye, elle a choisi Mohamed Ismail, désigné par le Leader personnellement. Il est le plus proche collaborateur (Directeur de cabinet de Seif al-Islam). Pourquoi ce choix ? Il correspond à une volonté de faire en sorte, tout comme la France, de choisir un homme de confiance et de proximité pour pouvoir donner à cette société le rôle qui lui est dévolu. »
Mais il y a aussi des affaires avec Total, et on y retrouve encore Guéant. La compagnie a engagé en juin 2008 des pourparlers avec la National Oil Corporation (NOC), la compagnie pétrolière nationale libyenne, pour décrocher un contrat gazier dans le bassin de Ghadamès, à l'ouest du pays. Takieddine s’est entremis. Et en septembre 2009, Total lui verse une avance 6,9 millions d’euros pour récupérer les droits qu’il a obtenus.
Dans un document écrit un mois plus tôt, l’intermédiaire avait annoncé l’intervention du secrétaire général de l’Élysée dans les négociations : Claude Guéant aurait donc facilité la « C.G appellera CdM (Christophe de Margerie, directeur général de Total) jeudi pour la signature du contrat révisé EPSA IV (Mabruk et Al Jorf) et Mémorandum du nouvel EPSA IV. »première phase d’une opération pour le moins lucrative pour Takieddine. Total s’était en effet engagé à verser 140 millions d’euros à l’intermédiaire.
  • Claude Guéant prêt à mettre le mandat d’arrêt d’Abdallah Senoussi « de côté »
L’harmonie franco-libyenne nécessitait aussi de trouver une solution pour Abdallah Senoussi, patron des services spéciaux libyens et beau-frère de Kadhafi, condamné le 10 mars 1999 à une peine de perpétuité en France dans l'affaire de l'attentat contre le DC10 d'UTA et visé depuis lors par un mandat d'arrêt international. Le secrétaire général de l'Élysée se plie à cette exigence, multipliant les consultations juridiques. Y compris de Me Thierry Herzog, l'avocat personnel de Nicolas Sarkozy, qui reçoit même un mandat de Senoussi.
Une note « confidentielle » de Takieddine fait état d'une réunion tenue le 16 mai 2009 avec Claude Guéant, alors secrétaire général de l'Élysée. La démarche, efficace et rapide, « après l'accord de CG », consiste à « demander au procureur général de mettre le mandat d'arrêt de côté, vu l'état de santé de Senoussi, et la nécessité de se faire soigner d'urgence en France ». Ces démarches qui restent ultra secrètes n’aboutissent pas.

« Il faut que Sarkozy rende l'argent qu'il a accepté de la Libye pour financer sa campagne »

  • Un dernier message de Guéant à Takieddine avant son interpellation au Bourget


À six jours d’intervalle, alors qu’ils sont sous la menace d’une insurrection populaire, doublée d’une intervention internationale, Kadhafi père et fils accusent Sarkozy. Le 10 mars 2011, Mouammar Kadhafi dit « qu’un grave secret va entraîner la chute de Sarkozy, voire son jugement en lien avec le financement de sa campagne électorale ». Le 16 mars, son fils Saif al-Islam évoque l’existence de documents : « Il faut que Sarkozy rende l'argent qu'il a accepté de la Libye pour financer sa campagne électorale. C'est nous qui avons financé sa campagne, et nous en avons la preuve. »
Dans les jours qui suivent, Takieddine est arrêté à l’aéroport du Bourget alors qu’il revient de Tripoli après avoir introduit une équipe du Journal du dimanche auprès de Kadhafi. Trouvé porteur d’une valise de 1,5 million d’euros, il est placé en garde à vue.
« Avant de partir en Libye, j’avais informé par téléphone Claude Guéant de mon déplacement et de l’interview que j’avais programmée, explique-t-il au juge Van Ruymbeke. J’ai demandé à Claude Guéant si je pouvais faire quelque chose pour apaiser la situation qui s’envenimait. Il m’a chargé de transmettre un message à Kadhafi, celui de quitter le pouvoir et que la France était prête à faciliter ce départ et son exil. Kadhafi a répondu à travers l’article qu’il refusait toute ingérence dans ses affaires intérieures. »
Au retour, Takieddine assure qu’il était « porteur d’un message de M. Kadhafi à l’attention de M. Guéant ». « Je n’ai pas pu transmettre ce message puisque j’ai été interpellé à mon retour au Bourget. Je suis convaincu que j’ai fait l’objet de cette interpellation et une fouille corporelle par le fait que M. Guéant était persuadé que je détenais les preuves de ce financement. »
  • Bachir Saleh protégé au nom de ses « solides relations de travail » avec l'Élysée
Bachir Saleh, le directeur de cabinet de Kadhafi, a continué de transmettre des messages avant d’être exfiltré par les Français, lors de la chute du régime. Ses protections à Paris étaient anciennes. À l’été 2008, l’Élysée était intervenu en faveur de sa femme, Kafa Kachour, pour l’obtention de sa nationalité française en un temps record – moins de trois mois. Les conditions de naturalisation n’étaient pourtant pas remplies, selon la sous-préfecture de Gex (Ain), en charge de l’examen du dossier.
Boris Boillon, à l’époque conseiller du président de la République, écrit directement au sous-préfet pour attirer son « attention sur le dossier de naturalisation ». « Mme Bachir est l’épouse du Directeur de Cabinet du colonel Kadhafi avec lequel nous entretenons de solides relations de travail. En raison de l’importance du partenariat stratégique entre la France et la Libye, je vous serais reconnaissant de bien vouloir étudier avec bienveillance le dossier de Mme Bachir et de m’en tenir personnellement informé. »
Le 12 novembre 2008, un décret, publié le 14 au Journal officiel, octroie finalement la nationalité française à Kafa Kachour.
La publication par Mediapart du document évoquant le financement libyen de Sarkozy met fin à la tranquillité de Saleh. Alors qu’il est depuis plusieurs mois à Paris, l'ancien directeur de cabinet de Kadhafi sort du silence par un communiqué. On l’a incité en haut lieu à contester le document, mais il est recherché par Interpol.
Le mandat notice rouge d'Interpol© DR
Pour justifier la présence de Saleh sur le sol français, le ministre de l’intérieur Claude Guéant répond qu’il bénéficie « d’une autorisation provisoire de séjour pour trois mois puisque sa famille réside en France ». La DCRI, à travers Bernard Squarcini, tranquillise l’avocat du fugitif, alors que le premier ministre François Fillon prétend qu'on ne dispose d'« aucune trace d'un mandat international » à son encontre. Nicolas Sarkozy assure que si
« M. Saleh est recherché par Interpol, il sera livré à Interpol ». Finalement, l’option de l’exfiltration est choisie.  
Selon l’enquête des Inrockuptibles, ce départ a été matériellement pris en charge par l’intermédiaire d'Alexandre Djouhri, proche de Claude Guéant. Bernard Squarcini a assisté à distance aux derniers pourparlers de Djouhri avec Bachir Saleh qui quitte Paris dans un avion privé, à destination de l’Afrique.
  • Claude Guéant crée une “war room” avec ses amis intermédiaires
Au grand dam de Takieddine, Claude Guéant a favorisé, dès 2007, d’autres courtisans, eux aussi bien introduits à l’international. L’homme d’affaires Alexandre Djouhri, proche de Dominique de Villepin, est de ceux-là.
« Il a une connaissance de l’économie et des affaires qui est utile à notre pays », certifie Guéant, au Nouvel Observateur en 2010. Le ministre de l'intérieur a « des relations amicales » avec Djouhri, qu’il rencontre tous les mois, comme d’ailleurs l’un de ses alter ego, l’avocat Robert Bourgi, explique-t-il à Libération. Un ancien conseiller du président tchadien Idriss Déby, Abakar Manany, est aussi dans la boucle. Il confirme à Mediapart son « amitié » pour Guéant.
En réaction à la publication du livre de Pierre Péan, La République des mallettes (Fayard, 2011), Guéant justifie ses contacts par la création à l’Élysée d’une « war room » pour soutenir la signature de « grands contrats » à l’international. Il prétend même découvrir aussi que Takieddine a « fait des choses que la loi et la morale réprouvent ».
Riposte de Takieddine sur BFM : « J’ai besoin que les choses soient clarifiées. Claude Guéant, aujourd’hui, que je considérais ami pour l’avoir accompagné dans toutes les démarches, je lui dis “rafraîchissez-vous un peu la mémoire”, et je demande des excuses. Qu’il me montre une seule chose que M. Djouhri aurait faite pour la France ! Je n’accepte pas d’être comparé ni à ce Djouhri, ni au nouveau venu, M. Bourgi. »
Les excuses de Guéant ne sont apparemment pas venues ;
les ennuis par contre sont bien là.
A suivre



vendredi 3 mai 2013


Monsieur Mélenchon,

Vous organisez une manifestation le 5 Mai !
Pourquoi le 5 et pas le 1° Mai ?
Le « mélange » vous aurait-il dérangé ?
Être perdu dans la foule n'est pas ce que vous appréciez !
Faire appel à tous les français en difficulté, ils sont nombreux,
et vous n'êtes pas le seul à le déplorer,
 mais le seul à utiliser la détresse …. pour exister.
Votre rêve, que vous clamez sur toutes les chaînes :

être premier ministre ! Pour combler les quatre ans qui vous séparent de la présidence !
Votre programme : moi je ...

Je trouve cela lamentable, et pour la première foi depuis 6 ans …
je resterai à la maison.

jeudi 2 mai 2013


Marine Le Pen
"La dame qui lave plus blanc que blanc" ?

Si c'est cela que vous désirez ….
n’hésitez pas, mais inutile de pleurer après.

 

Dans la foule du 1er Mai de Marine Le Pen



« On est chez nous, on est chez nous  ! »

 De tous les slogans scandés ce mercredi, au cours du traditionnel rassemblement du 1er Mai organisé par le Front national en l’honneur de Jeanne d’Arc, c’est celui-ci qui a ponctué le défilé. Entrecoupé de « Front, Marine, Liberté », « Marine à l'Élysée, du travail pour les Français », « la France aux Français », « Hollande démission » et de salves contre le Front de gauche :
« Communistes assassins » ; « Au goulag Mélenchon ».

La tête du cortège du défilé du FN, le 1er Mai 2013.

L’année dernière, entre les deux tours de l'élection présidentielle, Marine Le Pen avait réuni quelque 10 000 personnes, dans la foulée de ses 17,9 % recueillis au premier tour. Un an plus tard, ils sont moitié moins (mais le FN revendique lui 15 000 personnes). Le cortège, organisé par régions, était plutôt clairsemé, de même que la place de l’Opéra, où était installée une vaste scène, avec, en arrière-plan, une affiche géante barrée du slogan « le peuple d’abord ».

Entourée d’élus et de cadres du Front national, Marine Le Pen livre, pendant près d’une heure, un discours très souverainiste, articulé autour de la rhétorique d’une France qui « s’enfonce dans les ténèbres de l’Europe » et attendrait le secours de la « lanterne » Front national. « La France est dans la nuit des affaires, la nuit du délitement de la morale publique, la nuit du mensonge aux Français », « dans les temps obscurs », « prise au piège d’un brouillard épais, celui du désespoir d’un pays désenchanté qui comprend, un an après l’élection d’un nouveau président de la République, que rien n’a changé », lance la présidente du FN dès le début de son discours.
La faute à « Bruxelles », à « Berlin », aux « magnats de la haute finance », mais aussi à Nicolas Sarkozy et François Hollande, qu’elle a renvoyés dos à dos : a très peu évoqué Jeanne d'Arc, à l'exception d'une référence à la fin de son discours.

Pas d'annonces ni de propositions, mais un simple « Tenez bon, on arrive ». « Les vieux opposants que nous sommes sont en train de se transformer bientôt en jeunes dirigeants », a promis la présidente du FN, tout en récitant ses classiques : dénonciation du « système UMPS » et des « soi-disant élites, politiques, journalistes, consciences morales, et bien-pensantes » qui « se grattent la tête » devant le FN, se demandant, selon elle, « quel est ce mouvement qui résiste à l’ordre par nous établi ».

Sur les chaînes d'information
(BFM TV, i>Télé, LCI et LCP),

 les images du discours sont diffusées en direct,

À l’arrière de la foule, un individu écoute attentivement l'intervention de la présidente du FN. Loin des caméras, il est passé inaperçu : il s’agit de l’avocat Philippe Péninque, l’un des proches conseillers de Marine Le Pen. C’est lui qui a ouvert le compte suisse de Jérôme Cahuzac en 1992.


Philippe Péninque écoutant le discours de Marine Le Pen, le 1er Mai.

Philippe Péninque (au centre), le 1er Mai 2013.

Habitué à la discrétion, ce conseiller officieux de Le Pen n'a pas très envie d'être photographié. Il s'éclipse, après nous avoir repérés et pris en photo.

Des anciens du GUD dans la foule

Ancien du GUD, Philippe Péninque ne renie rien de ses années de gudard, comme il l’expliquait tout récemment à des journalistes de Canal Plus

« Je m’honore d’avoir été au Groupe union défense, nous serons considérés, quand l’Histoire va nous rendre raison rapidement, comme des héros et des résistants. » Des déclarations relayées par le Gud-Lyon sur Twitter :


 
Une quinzaine de fédérations frontistes de France sont représentées. Un cortège du Front national de la Jeunesse (FNJ) avance aux cris de « France réveille-toi la jeunesse est avec toi ! » et « ni droite, ni gauche, Front national ».


Des ex-para et des anciens de la guerre d’Algérie.

Dans le défilé du FN, le 1er Mai 2013.
 
Marine Le Pen se vante souvent d'avoir fait le ménage dans son parti, dans la droite ligne de sa fameuse « dédiabolisation ». Nous avons pourtant croisé les panoplies habituelles de l'extrême droite. Des individus aux crânes rasés. D’autres, nombreux, portant des lunettes noires dans la grisaille, ou encore des ensembles en cuir (voir notre diaporama).


Dans la foule, pendant le discours de Marine Le Pen.
Le même individu, de face.© CG.
Dans la foule, pendant le discours de Marine Le Pen.

Sous la pluie ...lunettes de soleil ?

D’après nos informations, plusieurs anciens du GUD étaient présents, ainsi qu'un groupe d'une trentaine de personnes liées à la mouvance d'extrême droite “Troisième voie”. Des manifestants avec une banderole « Stoppons la dhimmitude » (en référence au « dhimmi ») ont été sortis du cortège par le service d'ordre. En marge du défilé, des flyers annonçant le prochain colloque du Renouveau français (RF) – groupuscule nationaliste, intégriste, antisémite et pétainiste – ont été distribués. Les maurrassiens de L'Action française vendaient eux leur journal.
A. Loustau, interpellé le 23 avril.

Pour son dispositif de sécurité, le FN a préféré afficher son traditionnel service d'ordre interne, le DPS (Département protection sécurité), tandis qu’Axel Loustau était invisible mercredi. Cet ancien du GUD, président de la société privée Vendôme Sécurité, prestataire de service du Front national, est l'un des responsables de la sécurité du défilé frontiste du 1er Mai. Mais après son interpellation le 23 avril dans les débordements de la manifestation anti-mariage pour tous (comme Mediapart l’a écrit), Marine Le Pen n’a sans doute pas voulu l’afficher.
Pour garder la vitrine médiatique intacte.

 

mercredi 1 mai 2013

 
Beaucoup de bonheur à tous




Bonheur :
Faire ce que l'on veut et vouloir ce que l'on fait.



mardi 30 avril 2013


Monsieur le Président,


Il y a un an j'ai voté : François Hollande .
J'ai de la mémoire , ne regrette rien, et deviens de plus en plus "Hollandéiste".
Vous annonciez "un président normal", là je pense que c'était une erreur.
Quand l'on constate aujourd'hui ces sondages ridicules à un an de votre élection,
commentés par toute la presse en boucle ! ! !

Tous ces « volontaires  désintéressés » pour la place de premier ministre,
et même de président de la république !

Quand la droite déchaînée, sans programme, mais submergée de rancœur , refuse systématiquement toute avancée, que les extrêmes surfent avec délectation sur les problèmes de chacun … réels...

Alors oui, Monsieur le Président, vous n'êtes pas «normal», mais le plus intelligent, avec un sang froid et une lucidité qui ne peuvent que nous laisser admiratif.

Vous tracez « notre » route avec détermination, je ne doute plus du résultat, je vous fais confiance.

Rendez-vous dans quatre ans.

PS/ au train où vont les choses,
ou sera Sarkozy alors ?


Claude Guéant


Avec son air de curé défroqué, pris les doigts dans le pot de confiture !
20 000 € ...en douce ? Réponse : « c'était l'habitude » ! ! !

Jospin avait pourtant supprimé toutes les « enveloppes » des ministères ,
cela aurait-il perduré ?

Il faut reconnaître que comparé à ses copains, cela lui semblait dérisoire .

5O millions d'€   ??
Il a juste pris une petite commission personnelle au passage . 

Un versement de 500 000 euros découvert

sur un compte de Claude Guéant ?

Juste deux tableaux d'un illustre inconnu -si tableau il y a ?-
Mais Kadhafi nous n'en doutons pas était un  spécialiste !

Selon Le Canard enchaîné du mardi 30 avril, des juges s'interrogent sur le versement de plus de 500 000 euros depuis l'étranger sur un compte de l'ex-ministre de l'intérieur Claude Guéant. L'hebdomadaire révèle que les enquêteurs ont découvert ces versements lors d'une perquisition en février dans le cadre de l'enquête, alors conduite par le parquet de Paris, sur les accusations de financement libyen de cette campagne.
L’ex-ministre a immédiatement démenti tout lien entre cet argent et un éventuel financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Il justifie ce demi-million d'euros par une vente de tableaux en 2008. « Il n'y a strictement aucun lien avec des financements libyens et je continue à contester de façon catégorique qu'il y ait eu des financements libyens de campagne ou de personnes », a déclaré l'ancien ministre de l'intérieur. Des policiers aurait aussi repéré des traces de « nombreux et conséquents paiements de factures en liquide ».
A l'origine de l'instruction, les déclarations de l'homme d'affaires franco-libanais Zita Takieddine, qui avait affirmé en décembre au juge Renaud van Ruymbeke détenir les preuves d'un financement de la campagne de M. Sarkozy par la Libye.

A suivre

lundi 29 avril 2013


La Manif pour tous et les réseaux d'une “Internationale catholique

Par Jérôme Hourdeaux
Le 13 janvier, la Manif pour tous réussit son premier coup de force médiatique en rassemblant à Paris 340 000 personnes, selon la police, et un million selon les organisateurs, contre le mariage pour tous (dont les premiers projets de décret ont été transmis vendredi 26 avril au Conseil d'État, trois jours après l'adoption de la loi). L’organisation et les moyens déployés sont impressionnants. Pas moins de 50 000 drapeaux et 10 000 pancartes avec le logo rose et bleu, représentant un père, une mère et deux enfants, ont été distribués aux manifestants. Au total, un million d’euros auraient été investis dans l’événement. Au  milieu de la foule, l’Américain Brian Brown semble aux anges.

Brian Brown à Paris

Officiellement, le patron de la National Organization for Mariage (NOM), la puissante association de lutte contre le mariage gay américaine, n’effectue à Paris qu’un simple voyage d’observation. Sur les photos et la vidéo qu’il poste à son retour, on le voit presque comme un simple touriste. Dans le compte-rendu qu’il publie sur le blog de NOM, Brian Brown salue la
« rébellion pro-mariage » française, qu’il donne en exemple à ses concitoyens : « J’ai été tellement excité de faire partie de ce nouveau mouvement de solidarité international. (…) Je vous en dirai certainement plus sur mon expérience à mon retour. Et j’aimerais vous demander de vous joindre à moi pour réfléchir à des moyens plus créatifs de proclamer nos opinions pro-mariage avec passion et conviction… »
À la fin de son compte-rendu, Brian Brown évoque une réunion avec des responsables français qui se serait tenue la veille de la manifestation. « Comme je l’ai dit en terminant un discours hier soir devant des leaders français dans le combat pour la protection du mariage : Vive le mariage – Vive la France ! » Il n’existe aucune trace sur internet de cette rencontre, présentée par NOM comme historique, entre les mouvements américain et français. On sait juste, par le site Riposte catholique, que Brian Brown était, le samedi 12 janvier, l’invité d’honneur du Centre Charlier, un établissement fondé par l’un des leaders des traditionalistes catholiques, Bernard Antony.

samedi 27 avril 2013


Affaire Karachi : premiers aveux
Frédéric Ploquin
Mariane

En cherchant l’argent des ventes d’armes au Pakistan, les enquêteurs sont tombés sur des liasses d’espèces qui pourraient provenir d’autres contrats passés à l’époque où Edouard Balladur était premier ministre. Avec de premiers aveux qui pourraient en amener d’autres. Nouvelles révélations à lire dans Marianne à paraître samedi.



Edouard Balladur å l'Assemblée - MEIGNEUX/FACELLY/SIPA
Edouard Balladur å l'Assemblée -
Si Edouard Balladur, François Léotard et Renaud Donnedieu de Vabres avaient su...

L’ancien premier ministre, candidat malheureux à l’Elysée, son ancien ministre de la Défense et celui qui fut son bras droit à l’heure des grands contrats d’armement commencent à comprendre ce que leurs ennuis avec la justice doivent à l’erreur de Serge Hauchart, qui, pensant bien faire, avait poussé le Parti républicain, sur lequel compte s’appuyer Balladur pour sa conquête du pouvoir, à ouvrir un compte dans une coopérative financière de droit italien, le Fondo Sociale di Cooperazione Europea.

Un organisme dont le siège était à Milan, mais qui disposait d’un bureau à Paris, d’abord avenue Hoche, puis rue du Faubourg Saint-Honoré, sur lequel les responsables du Parti républicain avaient jeté leur dévolu faute de pouvoir solliciter une banque française, par l’entremise de Jacques Bournazel, ami de Léotard.    
 
Le patron du Fondo, à l’époque s’appelle Ahmed Chaker. Homme d’affaires franco-marocain, il a racheté cet organisme en 1992 sur le conseil de Guy Genesseaux, adjoint au maire de Paris tendance Raymond Barre et pilier de la Grande loge nationale de France. Genesseaux (aujourd’hui décédé) qui promet de jouer de son influence pour transformer la société en banque, le jour venu, mais qui en attendant s’installe à la présidence de l’établissement.

vendredi 26 avril 2013



mardi 23 avril 2013



  Le « mariage pour tous »

définitivement adopté à l'Assemblée

Peu après 17h05, l'Assemblée Nationale a adopté le projet de loi ouvrant le mariage pour tous
par 331 voix pour, 225 contre et 10 abstentions.
Claude Bartolone a donné le résultat du vote qui met un terme à un débat
de "136 heures et 46 minutes" a précisé le président de l'Assemblée Nationale.


Et Balladur ?


Pour l'instant il est passé à travers les mailles du filet !
Protégé par qui ?
Pourquoi ?
Elle est pourtant belle sa batterie !



Le PDG de la RATP

visé par une plainte pour favoritisme

22 avril 2013 | Par Michel Deléan

Une plainte pour « favoritisme », « entente prohibée » et « prise illégale d’intérêts » a été déposée vendredi 19 avril au parquet de Paris contre le PDG de la RATP, Pierre Mongin, et le président (UMP) de la commission des finances de l’Assemblée, Gilles Carrez, selon des informations obtenues par Mediapart. Déposée par le syndicat SAT RATP, cette plainte fait suite à un rapport de la Cour des comptes de juin 2012 sur la gestion du marché du RER A.
Dévoilé par Le Monde dans son édition du 28 novembre 2012, ce rapport – que la Cour des comptes n’a pas rendu public – épinglait la RATP au sujet du marché passé en avril 2009 avec Alstom-Bombardier pour la livraison de 65 rames destinées à la ligne A du RER.

Nicolas Sarkozy inaugurant les rames

Promesse de Nicolas Sarkozy, le renouvellement des rames du RER A a dû se faire très rapidement. Elles ont été inaugurées par le chef de l'État en personne le 5 décembre 2011. « Il est du devoir du président de la République de s’impliquer dans les transports de la région capitale », déclarait-il alors, à quelques mois de l’élection présidentielle.De fait, la commande passée par la RATP en 2009 n’a pas permis de faire « jouer ouvertement la concurrence », estime la Cour des comptes. Le choix s’est porté sur un matériel très proche des trains déjà en service, construits par Alstom-Bombardier. Ce qui a permis à ce groupement industriel de faire des propositions très rapidement, et d’être ainsi favorisé par rapport à la concurrence.

lundi 22 avril 2013


Nicolas Sarkozy,


conférencier pour Goldman Sachs

20 AVRIL 2013 | PAR MARTINE ORANGE

l fut un temps où Nicolas Sarkozy n’aimait pas le monde financier. « Une certaine idée de la mondialisation s’achève avec la fin d’un capitalisme financier qui avait imposé sa logique à toute l’économie et avait contribué à la pervertir. L’idée de la toute-puissance du marché qui ne devait être contrarié par aucune règle, par aucune intervention politique, était une idée folle », expliquait-il à Toulon le 25 septembre 2008.
La crise n’est pas finie. Mais manifestement Nicolas Sarkozy a changé d’idée. Les banquiers lui semblent devenus très fréquentables. De plus en plus même. Et cette fréquentation assidue du monde bancaire, qui ne fait rien gratuitement, mérite que l'on y prête attention.
Nicolas Sarkozy se propose ainsi de participer à une nouvelle conférence organisée par une banque, et pas n’importe laquelle : Goldman Sachs. 
Invitation à la conférence de Nicolas Sarkozy pour Goldman Sachs (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Invitation à la conférence de Nicolas Sarkozy pour Goldman Sachs (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Le 3 juin prochain, Nicolas Sarkozy doit intervenir à l’hôtel Intercontinental de Londres devant un aréopage de financiers et de grandes fortunes pour disserter sur l’Europe et la politique européenne, à l’invitation de la plus célèbre banque de Wall Street,comme l’indique le site de la banque. Il est présenté comme président of the French Republic et non comme former (ancien), les dates entre parenthèses rappelant juste qu'il ne l'est plus. Il sera le seul homme politique à parler dans ce colloque aux côtés d’économistes.
Goldman Sachs ne publie pas en ligne le tarif pour assister à cette réunion. Mais c’est le genre de colloque auquel on ne peut assister qu'en déboursant plusieurs milliers de livres. D’autant, comme le signale la banque, que la conférence est déjà pleine et qu’il faut s’inscrire sur la liste d’attente. En contrepartie, les intervenants de ces conférences sont royalement payés. Combien ? La banque n’a pas répondu à nos questions sur les motifs qui l’ont poussée à inviter Nicolas Sarkozy et sur le montant de sa rétribution. Selon différentes informations déjà parues dans la presse, Nicolas Sarkozy fait désormais partie du petit club des célébrités mondiales percevant plus de 100 000 dollars (76 400 euros) par intervention.
Qu’attend Goldman Sachs d’une telle prestation ? S’étant installée au cœur du dispositif européen, avec de nombreux hommes de confiance dont le plus illustre est le président de la BCE, Mario Draghi (voir Europe : les hommes de Goldman Sachs), la banque américaine n’a guère besoin des lumières de Nicolas Sarkozy pour expliquer ce qui se passe à Bruxelles ou Francfort. S’agit-il alors de remerciements pour services rendus dans le passé, ou prennent-ils une option au cas où Nicolas Sarkozy redeviendrait président, comme lui-même et ses proches semblent en caresser l’idée, alimentant l’opinion par de nombreux sondages ?
Goldman Sachs, en tout cas, a l’air de placer Nicolas Sarkozy sous sa haute protection. Dans le tour de table de son fonds d’investissement Columbia investment, révélé par Mediapart, on retrouvait parmi les personnes associées Simon Robertson, un banquier anglais ancien président de Goldman Sachs Europe.

Better than Goldman

Nicolas Sarkozy avait annoncé qu’après son départ de l’Élysée, il entamerait une nouvelle vie, loin de la France. Il n’a jamais caché vouloir faire de l’argent et marcher sur les traces de l’ancien ministre britannique Tony Blair, qui s’est constitué en quelques années une fortune estimée à plusieurs millions de livres. Même si elles se veulent discrètes, ses prestations sont extrêmement ciblées et rémunératrices.
Début septembre, Nicolas Sarkozy avait démenti l’animation d’une réunion organisée par la banque Morgan Stanley pour 250 000 euros. Mais trois semaines plus tard, il figurait comme invité à une réunion privée donnée à New York le 11 octobre 2012. Cette dernière était organisée par la banque brésilienne BTG Pactual. Il était alors le seul participant qui n’était pas originaire d’Amérique du Sud.
    Dix jours plus tard, le 22 octobre exactement, il se rendait au Brésil pour participer à un colloque organisé par la même banque BTG Pactual, appréciant décidément beaucoup Nicolas Sarkozy.
Nommée par la presse le Goldman des Tropiques, cette banque et ses dirigeants méritent un moment d’attention. Son principal dirigeant, Andre Esteves, est à l’origine de la réussite de l’établissement. Simple analyste, il a fini par en prendre la tête en la rachetant à ses propriétaires. En 2006, il l’a vendue pour 3,1 milliards de dollars au suisse UBS, décidé à en faire le bras armé de son activité de gestion de fortune au Brésil, avant de créer un nouveau fonds BTG – pour Banking and trading group mais certains disent pour Better than Goldman (mieux que Goldman Sachs).  
Deux ans plus tard, il a racheté à UBS la banque qu’il lui avait vendue pour seulement 2,5 milliards de dollars. Beaucoup se sont étonnés de cette transaction très en défavorable pour la banque suisse, ce qui n’est pas dans ses usages. Il est vrai qu’à l’époque,UBS avait quelque difficulté avec les autorités brésiliennes, qui accusaient la banque de fraude fiscale et de blanchiment, en organisant la fuite des grandes fortunes en dehors du pays. Un air de déjà-vu.
Renommée BTG Pactual, la banque, détenue par une holding basée aux Bermudes, est devenue la première banque d’investissement au Brésil. Elle est très active à Londres. Elle y a embauché un banquier français, Charles Rosier, ancien de Goldman Sachs avant de devenir responsable pour UBS de la France, de la Belgique, de l’Espagne et du Portugal. 
Lors de son voyage « privé » au Brésil, Nicolas Sarkozy a été reçu par la présidente brésilienne, Dilma Rousseff. Il y fut beaucoup question alors du contrat « historique » des Rafale à l’armée brésilienne, ardemment soutenu par Nicolas Sarkozy pendant sa présidence. La presse brésilienne a longuement évoqué aussi les ambitions de la BTG Pactual en Afrique – elle a créé un fonds d’investissement doté de 1 milliard de dollars – et de l’aide que pourrait lui apporter Nicolas Sarkozy, grâce à ses contacts sur le continent africain, notamment dans les mines.
C’est à nouveau une banque qui a été à l’origine du troisième colloque de Nicolas Sarkozy. À l’invitation d’Alfa Bank, bras financier d’un énorme conglomérat russe, il s’est rendu à Moscou le 13 novembre. Il était l’invité de l’oligarque Mikhaïl Fridman, lancé du temps de Boris Eltsine, pour la remise de prix « sur les meilleurs investissements en Russie ». Là encore, le déplacement de l’ancien chef d’État n’a, semble-t-il, pas été gratuit. « C’est une pratique courante que d’anciens dirigeants se rendent à des événements pour de l’argent »rapportait un témoin cité par le quotidienIzvestia, qui dévoila l’information. Lors de ce déplacement à Moscou, Nicolas Sarkozy fut reçu en grande pompe par Vladimir Poutine.

 Que des amis
Le dernier voyage de l’ancien chef de l’État a été, lui, des plus officiels. Le 11 décembre, Nicolas Sarkozy s’est rendu à Doha, sur l’invitation personnelle de l’émir du Qatar, pour donner sa première conférence publique dans le cadre du forum mondial du sport. Une manifestation montée par Richard Attias, le mari de Cécilia. Nicolas Sarkozy, grand ami du Qatar, s’est beaucoup démené pour introduire l’émirat auprès de la fédération internationale de football (Fifa), présidée par son autre ami, Michel Platini. Hasard ? Le Qatar a obtenu, à la surprise générale, la Coupe du monde de football de 2022.
À la tribune, Nicolas Sarkozy a plaidé pour que le calendrier de cette manifestation soit changé, et que la manifestation puisse avoir lieu en hiver plutôt qu’en été, comme d’habitude. La chaleur étant insupportable en été au Qatar.
Officiellement, bien évidemment, ce voyage était absolument à titre gracieux. Mais dans le même temps, Nicolas Sarkozy, sous ses habits d’avocat d’affaires, défendait la cause du Qatar auprès du roi du Maroc, « un ami ». Celui-ci, en effet, avait mis son veto au rachat de la participation détenue par Vivendi – autre ami de Nicolas Sarkozy –, dans l’opérateur téléphonique Maroc Telecom, par le Qatar. La confusion des genres est totale.
En retour, le Qatar, comme l’a expliqué le Financial Times, était prêt à investir quelque 250 millions d’euros dans le fonds d’investissement de Nicolas Sarkozy. Là aussi, il semble que le Qatar voulait autant adresser des remerciements sur le passé que prendre une option sur l'avenir. Mais les révélations publiques sur ce fonds ont refroidi les ardeurs de l’ancien président. Officiellement, comme l’expliquent des proches, Nicolas Sarkozy préfère mettre en veilleuse ce projet, afin de ne pas obérer ses chances de revenir sur le devant de la scène politique. Mais en arrière de la main, comme le prouve sa nouvelle invitation par Goldman Sachs, il n’a pas renoncé «  à faire de l’argent ».
Jusqu’à quand Nicolas Sarkozy pourra-t-il ainsi continuer à nager en plein conflit d’intérêts ? Il semble en effet difficile d’être à la fois membre du Conseil constitutionnel, tout en monnayant ses relations et ses contacts tantôt comme animateur de conférences, tantôt comme avocat d’affaires voire comme conseiller de fonds d’investissement, et en prétendant pouvoir rejouer un rôle politique à l’avenir. L’incompatibilité entre ces différentes fonctions est patente, et le silence du Conseil constitutionnel détonant.
Parmi toutes ses fonctions et tous ses déplacements, Nicolas Sarkozy n’a pas mis sa renommée et sa disponibilité au service de causes humanitaires, comme la faim dans le monde, l’illettrisme, le paludisme, le sida ou la recherche médicale... Faute de temps, sans doute.