Alors que le mandataire de l'équipementier s'apprête à demander lundi son placement en redressement judiciaire, le groupe Delamore et Owl juge que son offre de 25 millions d'euros a été injustement écartée. |

L'affaire Heuliez se soldera-t-elle oui ou non lundi par un
dépôt de bilan ?
La décision dépend des dirigeants actuels de la société. Mais Régis Valliot, le mandataire ad hoc de l'équipementier automobile, pousse fermement en faveur de cette option. « J'espère que la direction ira lundi au tribunal. Il est temps de déposer le bilan, dit-il aux « Echos ».
La cessation de paiement est nette, et plusieurs créanciers ont assigné l'entreprise. » Quant à vendre la société à l'un des investisseurs intéressés sans passer par le tribunal de commerce, cela ne lui paraît pas une bonne solution. « Ce n'est pas aux actionnaires actuels de décider de l'avenir d'Heuliez. Le groupe Krief n'a jamais apporté l'argent promis. Il n'a aucune légimité pour choisir le repreneur », estime Régis Valliot.
Certains auraient pourtant préféré ne pas passer par la case judiciaire. Tel est le cas du groupe financier Delamore et Owl group of companies (D&O). « Nous ne comprenons pas pourquoi l'administrateur ne nous accorde pas une chance », déplore Sanjeev Kunar, son directeur, dans un courriel adressé à notre rédaction depuis Londres.
A l'en croire, son groupe aurait soumis à l'administrateur un projet à même de sauver l'équipementier de Cerizay (Deux-Sèvres), projet écarté, après une première réunion de cinq heures -pourtant jugée « fructueuse » -avec Régis Valliot, le 5 mai dernier à Paris.
Une décision d'autant plus « surprenante », selon le directeur financier, que le projet s'accompagnait de garanties financières (sous la forme d'une lettre émanant de la filiale de Singapour de la banque Crédit Suisse) et qu'il permettait de maintenir la plupart des effectifs dans l'usine de Cerizay .
« Nous comprenons que les tentatives précédentes de recapitaliser la société ont échoué mais nous avons apporté les preuves que nous disposions de plus qu'il ne fallait pour y injecter 25 millions d'euros, une fois la procédure de ‘‘due diligence'' bouclée de façon satisfaisante », explique-t-il, ajoutant qu'il n'attendait que le feu vert de l'administrateur pour séquestrer sur un compte en France 1 million d'euros à titre de garanties quand il avait été informé que ce dernier avait l'intention de déposer le bilan.
« Cette offre n'est pas suffisamment convaincante pour la retenir immédiatement, répond Régis Valliot. Mais elle sera évidemment étudiée, en même temps que les autres, après le dépôt de bilan. »
Mia : l'objet principal de convoitise
L'offre déposée par D&O consistait à investir 25 millions d'euros dans Heuliez SA , en échange d'une participation d'au moins 90 % dans le capital de l'entreprise française.
L'investissement -entièrement autofinancé -se serait effectué via une société privée malaisienne, appelée Upayapadu (littéralement : Nature et Forêt) à l'origine spécialisée dans l'exploitation forestière et aujourd'hui utilisée par D&O comme un véhicule pour ses investissements verts. Une catégorie d'investissements dans laquelle Heuliez s'inscrivait grâce à sa division véhicules électriques, souligne D&O, qui prévoyait, à un stage plus avancé de la transaction, de créer une entité spécifique pour loger et exploiter Heuliez.
Objectif : transformer ainsi l'entreprise régionale en un groupe international en lui assurant à la fois les capitaux nécessaires et un accès à de nouveaux marchés en Asie (Corée, Taïwan, Chine Indonésie, Inde, Malaisie), en Afrique et Amérique Latine (Brésil), sur lesquels D&O, revendique dix ans expérience dans la production et la distribution automobile via son réseau de sociétés soeurs et de partenaire s : AD Motors en Corée, Proton en Malaisie et Yeshshree en Inde.
Mais D&O comptait aussi se servir d Heuliez comme d'un tremplin pour ses activités sur le Vieux Continent, en développant, dans l'Hexagone et en Europe occidentale, les activités clés de la société française : soudure/estampage, toits ouvrants et bien sûr véhicules électriques.
A l'entendre en effet, D&O Upayapadu n'était pas motivé par la seule Mia, véhicule électrique développé par Heuliez, auparavant convoité par le turc Alfan Manas, autre candidat à la reprise d'Heuliez récemment évincé.
La Mia semblait pourtant bien une fois encore le pilier central de ce projet présenté comme « gagnant-gagnant ». Puisque s'il s'engageait à produire la Mia à Cerizay pour le marché ouest-européen, D&O envisageait aussi de commercialiser sous licence via ses sociétés soeurs le véhicule électrique en Asie et en Amérique Latine, ainsi que de développer une gamme de véhicules sur sa base avant de la compléter par une ligne de tricycles et quadricycles également électriques.
S'agissant des autres activités d'Heuliez, le projet prévoyait de les développer dans l'optique notamment de s'octroyer 10 à 20 % du marché des toits pour décapotables (représentant un milliard d'euros par an) et de dégager plus de 100 millions de chiffres d'affaires par an du site de Cerizay. Mais sans préciser vraiment comment. Le secteur recèle des opportunités de croissance par acquisition, se contentait-il seulement d'indiquer dans la note de présentation de son projet (voir business plan ci-dessous).
Moins rassurant pour l'entreprise de Cerizay et ses six cents salariés, abonnés depuis des mois à des promesses non tenues : dans l'offre révisée soumise à l'administrateur le 11 mai dernier (voir document ci-dessous), il se bornait à assurer qu'il conserverait « une partie voire l'essentiel des activités clés d'Heuliez , en fonction de la viabilité de chacune » .
Des propos qui contrastent quelque peu avec ceux de Sanjeev Kunar . «Nous pensons que nous avions le potentiel de faire un vrai champion français », assure-t-il dans son e-mail. Et d'estimer :« si les tentatives précédentes ont échoué c'est parce que les parties intéressées ne pouvaient avoir accès au capital , cela n'a rien à voir avec notre offre».
L'affaire Heuliez je le suive depuis le debut de cette "pantalonnade". Tout cela laisse voir une seule chose, la très mauvaisse gestion de ce gouv que travaille depuis toujours avec deux poids-deux mesures. Sauve Renault et PSA de sucomber avec 12 milliards et ne donne pas 15 millions pour sauver 600 familles du crash? Du ridicule, tragique dirais-je. Les resultats d'une telle politique sont là, on les connaît!!!
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