jeudi 15 avril 2010

Deux «super-flics» promus par l'Elysée

Le fait d'armes oublié des deux préfets de Sarkozy: la mort de Jacques Mesrine
Christian Lambert va s'installer, lundi 19 avril, dans le fauteuil de préfet de la Seine-Saint-Denis. Nicolas Sarkozy a signé de sa main la nomination de ce «superflic» qui est l'un de ses plus fidèles soutiens dans la police. Avec un message limpide de l'Elysée : le prochain homme fort du «9-3» est un policier tout entier tourné vers l'opérationnel et les «voyous» vont subir ses foudres.

Il est vrai que Christian Lambert est un préfet de fraîche date (2004), qui se trouve propulsé aux commandes de l'un des départements français les plus touchés par la délinquance. Un flic de choc qui a passé l'essentiel de sa vie professionnelle dans des unités d'intervention - de la brigade antigang au RAID -, comme illustré par son parcours policier.
Le président Sarkozy et le préfet Lambert© Ministère de l'intérieur
Deux faits d'armes de cette carrière ont été souvent médiatisés. Le premier concerne la prise d'otages d'une vingtaine d'enfants et de leur maîtresse dans une école maternelle de Neuilly, en 1993 ; Christian Lambert mène alors l'assaut du RAID et fait la connaissance du maire de la ville, Nicolas Sarkozy, métamorphosé en négociateur auprès d'un ravisseur bardé d'explosifs, Erick Schmitt, alias Human Bomb, qui sera tué dans son sommeil par les policiers («légitime défense», conclura la justice). Le second fait d'armes porte sur l'arrestation d'Yvan Colonna, dix ans plus tard en Corse, et reste aussi porté au crédit du même Nicolas Sarkozy, devenu ministre de l'intérieur.

Mais un épisode au moins aussi retentissant est resté dans l'ombre. Cet événement a pourtant joué un rôle-moteur pour les carrières de deux des «super flics» parmi les plus proches de Nicolas Sarkozy : la mort de Jacques Mesrine, «l'ennemi public numéro un» des années 1970. Où l'on voit intervenir Christian Lambert aux côtés de Jean-Louis Fiamenghi - désormais à la tête du service de protection des hautes personnalités (le SPHP est chargé de protéger, en priorité, le chef de l'Etat).
Les deux hommes se trouvaient en effet dans le camion à partir duquel des policiers avaient tiré pour tuer le bandit en cavale, en 1979 à Paris. Bizarrement, l'information n'a été portée à la connaissance de la justice que fort tardivement. «Le 2 novembre 1979, je conduisais le camion, a témoigné Christian Lambert, vingt-deux ans après les faits. Les quatre policiers se tenant à l'arrière du camion m'ont autorisé à citer leur nom car, tout comme moi, nous sommes surpris de ne jamais avoir été entendus par la police ou la justice sur cette affaire et tenons à ce que la vérité soit établie sur les circonstances de l'usage des armes », a ajouté le témoin, finalement entendu le 5 mars 2001, dans une affaire judiciarire marquée par une longue bataille procédurale. Comme son collègue Fiamenghi qui a fait usage, lui, d'un pistolet-mitrailleur de marque Uzi.

Par Erich Inciyan

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