mardi 20 septembre 2011

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  " Non à la casse de l'aide aux plus démunis. ''

 

Article paru dans la Nouvelle République

 

Hier, bénévoles et bénéficiaires se sont rassemblés place Leclerc à Poitiers pour manifester. L'Europe prévoit de réduire leurs subventions de 75 %.

Les manifestants ont regretté « de ne pas avoir vu le maire ». - (dr)
Leur mission : « stopper la misère ». Hier, une cinquantaine de bénévoles et bénéficiaires du Secours populaire se sont rassemblés devant la mairie de Poitiers pour donner l'alerte et sensibiliser la population. Les associations d'aide alimentaire aux plus pauvres sont inquiètes. Jusque-là, elles recevaient une aide via le Programme européen d'aide aux plus démunis.


'' Le nombre de bénéficiaires ne cesse de croître ''
Un dispositif jugé illégal par la Cour de justice européenne au mois d'avril dernier. La commission européenne souhaite donc réduire cette aide de 480 millions à 113 millions d'euros. Ainsi l'aide apportée au Secours populaire, aux Restos du coeur, à la Banque alimentaire et à la Croix-Rouge, en France, passerait de 72 millions à 15 millions d'euros.
« C'est une chute libre, commente Jean-Claude Expert, secrétaire général du Secours populaire de la Vienne. Et nous ne savons pas comment compenser. Nous nous sentons impuissants. » Depuis le mois d'octobre 2010, l'association a distribué 150 tonnes de marchandise. « Nous avons servi 300.000 repas à 7.500 personnes, soit à 3.700 familles dans la Vienne, précise le président. Le nombre de bénéficiaires a augmenté de 15,38 % la saison dernière. Il y a toujours plus de personnes démunies. » Pour Bernard, cette aide alimentaire est indispensable : « Je ne touche que 526 euros de retraite par mois. Je fais très attention. Je vais à l'essentiel. Je tente de réduire mes factures au minimum. » Alors pour manger, il va au Secours populaire.
« Si je n'ai plus ça, ce sera la catastrophe et pas seulement pour moi. »


L'association est tout aussi indispensable à Saliha. Mère de trois enfants, elle perçoit 600 euros de chômage par mois. « C'est grâce à l'association que je boucle mes fins de mois. Je suis vraiment inquiète. Sans cette aide alimentaire, je ne sais pas comment je ferais. »


Les manifestants ont reçu le soutien d'élus : Jean-Daniel Blusseau, conseiller général, Aurélien Tricot, adjoint au maire, et Adderrazak Halloumi, conseiller municipal.
à suivre
Réaction des associations du département
 La Banque alimentaire. Marie-Francine Garreau, présidente départementale de la Banque alimentaire, espère que le Conseil des ministres européens de l'agriculture, qui se réunit aujourd'hui, « trouvera une solution. » Sinon, elle appellera les Poitevins à se montrer deux fois plus généreux pour combler les pertes.


 La Croix-Rouge. Le conseil départemental se réunira aujourd'hui pour décider des actions locales
à mettre en place.
la phrase
« Nous demandons le maintien de l'enveloppe de 500 millions d'euros allouée au programme européen d'aide aux plus démunis. Dans l'hypothèse où le blocage au Conseil persisterait, nous demandons à la Commission européenne de trouver une nouvelle solution juridique permettant de garder un niveau équivalent de soutien financier. »


Élisabeth Morin-Chartier, députée UMP au Parlement européen et membre de la commission de l'emploi et des affaires sociales a déposé un amendement pour obtenir le maintien du programme européen d'aide aux plus démunis. Avec ses collègues de la majorité présidentielle, elle a obtenu que le Groupe PPE le défende. Suite à l'arrêt de la Cour de Justice le 13 avril dernier, la Commission avait en effet annoncé une réduction drastique des ressources du plan européen d'aide alimentaire : de 500 millions d'euros en 2011, l'aide serait réduite à 113 millions pour 2012. ''C'est à peine un cinquième des besoins des associations distribuant des repas gratuits dans les États membres, à l'image des Restos du coeur ou de la Banque alimentaire en France !'' a souligné l'élue poitevine.
'' Non à la casse de l'aide aux plus démunis. ''
Jean-Daniel Blusseau, président du groupe des élus de gauche du conseil général de la Vienne, était présent hier aux côtés des bénévoles du Secours Populaire Français de la Vienne pour dénoncer la baisse du programme européen d'aide aux plus démunis. Actuellement, il est de 480 millions d'euros pour l'Europe et permet d'apporter de l'aide alimentaire à 13 millions de personnes. En France, ce programme est de 72 millions d'euros et aide près de 4 millions de personnes à se nourrir par l'intermédiaire de quatre associations : 


Banques alimentaires, Croix-Rouge, Restos du coeur et Secours populaire français. 


La part de la France sera amputée de près de 80 % et tombera de 72 à 15 millions d'euros. « Derrière les chiffres, se cache la détresse d'enfants et de familles, de personnes âgées, de chômeurs, de travailleurs pauvres, de jeunes... », souligne l'élu socialiste qui rappelle que son groupe réclame depuis des mois une hausse des subventions locales accordées aux associations caritatives, « on ne peut que s'associer à la colère des bénévoles face à cette décision européenne qui fragilisera encore plus des populations déjà fortement démunies ».
 
Magalie Lépinoux

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