mercredi 23 février 2011

Réaction de Guaino à l'article du" Monde Diplomatique "
 
- Piteuse -
Les auteurs de cette tribune "qui sont-ils? De jeunes ambitieux qui cherchent 
des places, des diplomates retraités aigris?" s'est-il interrogé.
Cette publication montre que "la campagne électorale a commencé. 
Voilà, nous en avons les premières manifestations", a-t-il estimé.

"La politique étrangère de la France, c'est le domaine réservé du président 
de la République depuis le début de la Ve République", a répliqué le conseiller spécial du chef de l'Etat. "Il n'a jamais été question que ce soit les chefs de bureaux de tel ou tel ministère qui fassent la politique étrangère.
Les diplomates font de la diplomatie, le gouvernement fait de la politique étrangère".
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Nous le savions, Sarkozy sous la plume de Guaino...
rien de nouveau !

Prononcé par Sarkozy à Dakar le 26 juillet 2007, 
ce discours condamne la colonisation tout en rappelant ses apports mais surtout il voit l'homme africain ainsi:"le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain [.] dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où
tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine ni pour l’idée de progrès. Dans cet univers où la nature commande tout, [ il ] reste immobile au milieu d’un ordre immuable où tout semble être écrit d’avance. Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin.»
Quand bien même on peut trouver vrai cette vision ( faut il encore avoir vécu là bas pour vraiment le dire !!), il est impensable qu'un homme d'état puisse dresser un portrait aussi rabaissant . Non à la mode des discours où il " n'y a plus de tabou", il faut un savoir-vivre et un savoir -être!
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On ne s'improvise pas diplomate

Un groupe de diplomates français de générations différentes, certains actifs, d'autres à la retraite, et d'obédiences politiques variées, a décidé de livrer son analyse critique de la politique extérieure de la France sous Nicolas Sarkozy. En choisissant l'anonymat, ils ont imité le groupe Surcouf émanant des milieux militaires, dénonçant lui aussi certains choix du chef de l'Etat.
Le pseudonyme collectif qu'ils ont choisi est "Marly" – du nom du café où ils se sont réunis la première fois. Ceci est leur premier texte public.



La manœuvre ne trompe plus personne : quand les événements sont contrariants pour les mises en scène présidentielles, les corps d'Etat sont alors désignés comme responsables.
Or, en matière diplomatique, que de contrariétés pour les autorités politiques ! A l'encontre des annonces claironnées depuis trois ans, l'Europe est impuissante, l'Afrique nous échappe, la Méditerranée nous boude,
la Chine nous a domptés et Washington nous ignore ! Dans le même temps, nos avions Rafale et notre industrie nucléaire, loin des triomphes annoncés, restent sur l'étagère. Plus grave, la voix de la France a disparu dans le monde. Notre suivisme à l'égard des Etats-Unis déroute beaucoup de nos partenaires.
Pendant la guerre froide, nous étions dans le camp occidental, mais nous pesions sur la position des deux camps par une attitude originale. Aujourd'hui, ralliés aux Etats-Unis comme l'a manifesté notre retour dans l'OTAN, nous n'intéressons plus grand monde car nous avons perdu notre visibilité et notre capacité de manœuvre diplomatique. Cette perte d'influence n'est pas imputable aux diplomates mais aux options choisies par les politiques.
Il est clair que le président n'apprécie guère les administrations de l'Etat qu'il accable d'un mépris ostensible
et qu'il cherche à rendre responsables des déboires de sa politique. C'est ainsi que les diplomates sont désignés comme responsables des déconvenues de notre politique extérieure. Ils récusent le procès qui
leur est fait. La politique suivie à l'égard de la Tunisie ou de l'Egypte a été définie à la présidence de la République sans tenir compte des analyses de nos ambassades. C'est elle qui a choisi MM. Ben Ali et Moubarak comme  
"piliers sud" de la Méditerranée.
Un WikiLeaks à la française permettrait de vérifier que les diplomates français ont rédigé, comme leurs collègues américains, des textes aussi critiques que sans concessions. Or, à l'écoute des diplomates,
bien des erreurs auraient pu être évitées, imputables à l'amateurisme, à l'impulsivité et aux préoccupations médiatiques à court terme.
Impulsivité ? L'Union pour la Méditerranée, lancée sans préparation malgré les mises en garde
du Quai d'Orsay qui souhaitait modifier l'objectif et la méthode, est sinistrée.

Amateurisme ? En confiant au ministère de l'écologie la préparation de la conférence de Copenhague sur le changement climatique, nous avons abouti à l'impuissance de la France et
de l'Europe et à un échec cuisant.

Préoccupations médiatiques ? La tension actuelle avec le Mexique résulte de
l'exposition publique d'un dossier qui, par sa nature, devait être traité dans la discrétion.

Manque de cohérence ? Notre politique au Moyen-Orient est devenue illisible,
s'enferre dans des impasses et renforce les cartes de la Syrie. Dans le même temps, nos priorités
évidentes sont délaissées. Il en est ainsi de l'Afrique francophone, négligée politiquement et
désormais sevrée de toute aide bilatérale.

Notre politique étrangère est placée sous le signe de l'improvisation et d'impulsions successives,
qui s'expliquent souvent par des considérations de politique intérieure.

Qu'on ne s'étonne pas de nos échecs.

Nous sommes à l'heure où des préfets se piquent de diplomatie, où les "plumes" conçoivent
de grands desseins, où les réseaux représentant des intérêts privés
et les visiteurs du soir sont omniprésents et écoutés.

Il n'est que temps de réagir.

Nous devons retrouver une politique étrangère fondée sur la cohérence, l'efficacité et la discrétion.
Les diplomates français n'ont qu'un souhait : être au service d'une politique réfléchie et stable.
Au-delà des grandes enceintes du G8 et du G20 où se brouillent les messages, il y a lieu de préciser
nos objectifs sur des questions essentielles telles que le contenu et les frontières de l'Europe de demain,
la politique à l'égard d'un monde arabe en révolte, nos objectifs en Afghanistan, notre politique africaine,
notre type de partenariat avec la Russie.
Les diplomates appellent de leurs vœux une telle réflexion de fond à laquelle ils sauront apporter en
toute loyauté leur expertise. Ils souhaitent aussi que notre diplomatie puisse à nouveau s'appuyer
sur certaines valeurs (solidarité, démocratie, respect des cultures) bien souvent délaissées au profit

d'un coup par coup sans vision.

Enfin, pour reprendre l'avertissement d'Alain Juppé et d'Hubert Védrine publié le 7 juillet 2010 dans  
Le Monde "l'instrument [diplomatique] est sur le point d'être cassé". Il est clair que sa sauvegarde est essentielle à l'efficacité de notre politique étrangère.

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