Au retour de Chine, Sarkozy était décidé à se « re-Présidentialiser »! Je vous le disais ... "chasser le naturel il revient au galop " mais là..il ne nous laisse même pas le temps de respirer
Selon son souhait, les propos du Président ont été attribués à son entourage. Décryptage d'une étrange stratégie de com.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, plusieurs médias ont subitement relayé les propos de « collaborateurs » ou de « l'entourage » de Nicolas Sarkozy, ou encore d'un certain « on » (travaillant à l'Elysée), voire même du palais présidentiel en personne - « l'Elysée dit que… »
Jeudi matin, patatras : les radios révèlent que « on », « l'entourage » et « l'Elysée » sont en fait Nicolas Sarkozy lui-même, qui s'est exprimé la veille devant quelques journalistes. Mais les propos d'un Président et ceux que lui prêtent ses proches n'ont pas la même valeur, surtout quand il s'agit de reconnaître une erreur ou de tancer une ministre…
Pourquoi avoir ainsi « maquillé » la source des propos ? Parce qu'ils étaient tenus « off the record » (« hors micro », c'est-à-dire non attribuables à celui qui les a dits). Mais le off a fini par être « brisé ».
Retour sur une cacophonie très parlante sur les méthodes de communication de l'Elysée, et sur les pratiques journalistiques.
Dès le début de l'entretien, Sarkozy dit aux journalistes : « C'est off »
Mercredi entre 16h30 et 18h10, Nicolas Sarkozy a reçu six journalistes dans le salon vert du Château : les chefs des services politiques ou directeurs adjoints des rédactions du Monde, du Figaro, de Libération, du Parisien, du Journal du Dimanche et de l'AFP. La présidence de la République les avait conviés la veille à cette rencontre.Dès le début, le Président le dit aux deux femmes et aux quatre hommes qui lui font face : « C'est off ». Pendant tout l'entretien, c'est surtout Sarkozy qui répond aux journalistes. Présents, le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant et le directeur de la communication Franck Louvrier s'expriment peu.
A partir de 23h48, l'AFP publie plusieurs dépêches reprenant les différents propos. Voici le début d'une d'elles, datée de 0h32 :
« Le président Nicolas Sarkozy juge que Rama Yade, secrétaire d'Etat aux Sports, a une “difficulté à s'insérer dans une équipe, quelle qu'elle soit”, a-t-on appris mercredi auprès de l'Elysée. »
« A des proches », « en petit comité », « apprend-on à l'Elysée »…
Dans Libération jeudi matin, une analyse sur le « syndrome de la mi-mandat » multiplie les « reconnaît-on à l'Elysée », « explique l'entourage du chef de l'Etat », « admet ce conseiller », « répond-on au Château »… Dans Le Figaro, le Président reconnaît « une erreur » sur l'Epad, mais « en petit comité ». Le même « petit comité » se retrouve dans le JDD, ses membres étant gratifiés du terme de « proches » de Nicolas Sarkozy !Le Parisien affuble aussi Nicolas Sarkozy de ces masques rhétoriques, après avoir annoncé que le Président a dressé « son bilan en petit comité à l'Elysée ».
« Du “off” devant six journalistes, ce n'est pas du “off” ! »
Joints par Rue89, deux des journalistes présents à l'Elysée expliquent leur choix. « Je suis plutôt pour qu'on dise les choses clairement », dit Henri Vernet, le chef du service politique du Parisien, justifiant son choix d'avoir attribué directement certaines citations à Nicolas Sarkozy :« On ne peut pas comprendre la portée des propos si on ne dit pas clairement qui parle et d'où ça vient. »Pour lui, « il faut être clair, du “off” devant six journalistes dont un de l'AFP, ce n'est pas vraiment du “off” ! » Paul Quinio, directeur adjoint de la rédaction de Libération, a masqué la source des propos « parce que c'était le deal ». Mais il le reconnaît :
« L'impact n'est pas le même selon que les propos sont attribués ou pas, c'est sûr. Mais cela ne m'a pas empêché d'écrire que Sarkozy est dans la mouise. »
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