La banque Goldman Sachs est suspectée d’avoir menti et de s’être enrichie pendant la crise. Fabrice Tourre, un prodige français de 31 ans, est au coeur d’une enquête des autorités américaines.
C’est l’une des bombes à retardement laissées par la crise financière mondiale de 2008. La SEC (Securities and Exchange Commission), le gendarme de la Bourse américaine, a lancé sa première enquête sur la plus puissante banque du monde, Goldman Sachs. Motif ?
Avoir menti, à l’époque, à ses clients sur l’ampleur de la crise et s’être enrichie à leurs dépens.
Premier étage de la fusée judiciaire, les plus hauts responsables de la banque, avec en tête son PDG Lloyd Blankfein, iront s’expliquer demain devant la redoutée sous-commission sénatoriale des Finances. Or, le seul à avoir reçu une convocation nominative est l’un des jeunes directeurs exécutifs… français, Fabrice Tourre.
Soupçons de mensonge
Abacus a été vendu à des investisseurs, dont de nombreuses banques, pour plus de 8 Mds €. Des milliards partis en fumée, sauf pour un gros investisseur qui a gagné 1 milliard de dollars (voir ci-dessous) . La SEC, qui a déposé plainte, accuse la banque, et Fabrice Tourre, d’avoir « fait des déclarations trompeuses et passé sous silence des faits essentiels sur des produits financiers liés aux subprimes alors que le marché de l’immobilier chutait ».
Le gendarme de la Bourse parle de « mensonge ». Néanmoins, à la différence d’un Jérome Kerviel, le Français agissait avec le soutien entier de sa hiérarchie (lire page 3) . Cette fois, la justice, dont la timidité ou l’incompétence ont été maintes fois épinglées, veut frapper fort. Qu’une banque telle que Goldman Sachs risque de se voir traînée devant les tribunaux est peut-être la preuve que le système commence à tirer les leçons de ses turpitudes. A l’heure où Barack Obama tente de faire voter sa réforme financière, que les Européens et les Américains tentent en vain de réguler les marchés, la justice a, au contraire, son mot à dire. Rassurant.
Avoir menti, à l’époque, à ses clients sur l’ampleur de la crise et s’être enrichie à leurs dépens.
Soupçons de mensonge
Abacus a été vendu à des investisseurs, dont de nombreuses banques, pour plus de 8 Mds €. Des milliards partis en fumée, sauf pour un gros investisseur qui a gagné 1 milliard de dollars (voir ci-dessous) . La SEC, qui a déposé plainte, accuse la banque, et Fabrice Tourre, d’avoir « fait des déclarations trompeuses et passé sous silence des faits essentiels sur des produits financiers liés aux subprimes alors que le marché de l’immobilier chutait ».
Le gendarme de la Bourse parle de « mensonge ». Néanmoins, à la différence d’un Jérome Kerviel, le Français agissait avec le soutien entier de sa hiérarchie (lire page 3) . Cette fois, la justice, dont la timidité ou l’incompétence ont été maintes fois épinglées, veut frapper fort. Qu’une banque telle que Goldman Sachs risque de se voir traînée devant les tribunaux est peut-être la preuve que le système commence à tirer les leçons de ses turpitudes. A l’heure où Barack Obama tente de faire voter sa réforme financière, que les Européens et les Américains tentent en vain de réguler les marchés, la justice a, au contraire, son mot à dire. Rassurant.

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