L'allemand E.ON accusé de condamner à mort
ses centrales à charbon françaises
C’est une histoire de fou.
Sauf qu’il bloque toute tentative de reprise par un autre électricien.
L’histoire est complexe à plus d’un titre. A l’origine, ces centrales appartiennent à la SNET (Société nationale d’électricité et de thermique), héritière des centrales thermiques de Charbonnage de France. En 2004, la SNET passe sous le contrôle du groupe espagnol avant d’être revendue à E.ON en 2008.
Deux ans plus tard, le groupe allemand annonce la fermeture de cinq sites. Cette décision est d’autant plus surprenante que les besoins en électricité sont au plus haut. La fermeture progressive des centrales nucléaires allemandes, celle des centrales belges et, le cas échéant, celle des centrales françaises si la gauche gagne les élections, entraîne des baisses de production électrique.
Pourquoi E.ON veut fermer ces centrales ?
Toutes les centrales existantes sont désormais utiles pour compenser la baisse globale de production. Le RTE (réseau de transport d’électricité) craint même des pannes en 2015 si rien n’est fait.
Alors, comment expliquer la décision d’E.ON ?
Mais le charbon est-il rentable ? E.ON calcule la rentabilité de cette production au prix de base, c'est à dire qu'il ne prend pas en compte la valeur du kilowatt-heure en période de pointe. Alors qu’en France, le charbon est surtout utilisé quand les centrales nucléaires ne peuvent assurer seules la production.
Lorsque les besoins augmentent (en hiver notamment), la France fait marcher des centrales thermiques ou achète de l’électricité à ses voisins. Dans ces périodes de pointe, le prix peut être multiplié jusqu'à 10.
Dans ces conditions, un repreneur éventuel pourrait juger rentable de réaliser les investissements nécessaires. D'où la colère du ministre de l'Industrie qui a écrit cette semaine au président d'E.ON France un courrier dans lequel il s'étonne que des repreneurs potentiels "rencontrent des difficultés pour l'obtention de l'ensemble des informations nécessaires à la construction d'une offre de reprise sérieuse et globale".
Et Eric Besson d'ajouter que le gouvernement ne l'acceptera pas ! !
à suivre

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