vendredi 22 avril 2011

 Les déclarations d'intérêts des membres du gouvernement 

ont été publiées ce jeudi, sur le site de Matignon ... 

 

Ce qu'il faut en retenir... rien ! 

-Ils ne vont pas se tirer une balle dans le pied-

Sans surprise, elles ne révèlent aucune affaire d'Etat... 
Et ce pour plusieurs raisons.  

Première d'entre elles, elles se limitent aux ministres. Les déclarations de leurs conseillers ne seront pas rendues publiques. Et encore, même pour les titulaires d'un maroquin, les documents sont incomplets.


Chaque document se termine ainsi: "J'ai pris connaissance que cette déclaration sera rendue 
publique sur le site Internet du Gouvernement, à l'exception des informations indiquées aux 
rubriques III et IV." 
Des points, qui restent donc confidentiels.  


Par ailleurs, ces déclarations ne recensent pas l'ensemble des biens des ministres mais seulement 
 ceux "dont la valeur, pouvant varier à court terme, est susceptible d'être directement influencée 
par des décisions du gouvernement", précise le site. Sont ainsi mentionnés les valeurs mobilières 
et instruments financiers de nature proche mais non les propriétés immobilières.  


Enfin, les participations financières à des sociétés ou "les actions d'organismes de placement 
collectif (Sicav, Fonds commun de placement)" ne doivent être déclarées que "si elles sont 
supérieures à 5000 euros ou à 5% du capital de la structure concernée".  


Autant de raisons qui expliquent le grand nombre de "néant" ou "R.A.S".
Deux tiers des ministres ne déclarent aucune participation.  Anti-nucléaire, apéritif, voies ferrées,...


Reste quelques petites informations pas inintéressantes. Nora Berra, secrétaire d'Etat chargée de 
la Santé, déclare un emploi passé chez Sanofi-Pasteur. Une situation connue. Comme celle de Frédéric Lefebvre, actionnaire majoritaire encore en 2006 d'un cabinet de lobbying.
Sauf que dans ce cas,
il n'y en a pas trace dans la déclaration d'intérêts, qui se limite aux trois dernières années.  


Gérard Longuet, lui, n'oublie pas d'évoquer son activité au sein du groupe de conseil Sokrates,

à l'origine d'une procédure judiciaire, comme l'avait révélé L'Express en mars dernier.
Il reste en revanche flou indiquant "en sommeil".  


De son côté, Patrick Ollier est très intéressé par la question des transports. Pas les jets privés, mais
le chemin de fer. Il est membre des conseils d'administration de la SNCF et de l'Agence de financement
des infrastructures de transport de France (AFITF). Pour Chantal Jouanno, on ne sait pas s'il 
 s'agit également d'une passion, mais la ministre déclare des actions Pernod-Ricard.  


On notera également la participation de Pierre Lellouche à l'association Nuclear threat initiative, une association américaine qui milite pour la réduction du nucléaire dans le monde.
Pas vraiment la ligne fixée par Nicolas Sarkozy.  

A peine deux situations polémiques
Finalement, les situations, qui pourraient favoriser un conflit d'intérêt, sont rares. Elles sont au 
nombre de deux. La première concerne Valérie Pécresse. En plus d'être la ministre qui déclare le 
plus de participations financières (dans 14 sociétés), elle mentionne - sans qu'elle en soit contrainte - la présidence du conseil de surveillance de Bolloré Télécom, exercée par son père. Une société intéressée par la 4e licence mobile... Mais finalement délivrée au concurrent Free.  


La seconde porte sur les investissements de Christine Lagarde. Elle détient des parts dans Applicatour, un éditeur de logiciel pour les agences de voyages, pour un montant non précisé. Un investissement réalisé dans le cadre du dispositif ISF-PME. Ce qui signifie qu'elle paye l'ISF -mais ce n'est pas une surprise. Et qu'elle minore cet ISF grâce... à un dispositif fiscal qu'elle même a défendu au Parlement en 2007 dans le cadrede la loi TEPA 
et qui a échappé à la chasse aux niches fiscales cet automne.

L'express.fr

Attendons Le Canard Enchaîné et Médiapart...
 

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