Alors que la situation financière de l'Amérique est au moins aussi préoccupante que celle de la Grèce ou de l'Espagne,
le dollar ne subit aucune attaque sur les marchés financiers.
Cherchez l'erreur...
Le retour précaire du roi Dollar
Quel est le pays qui cumule un déficit plus important que celui de la Grèce (13% contre 10%) une dette qui frôle 100% du PIB contre 115% pour la Grèce, et un déficit commercial record de 700 milliards de dollars en 2008 (5% du PIB)?
Les Etats Unis bien sûr. Or, par un paradoxe qui interpelle les économistes soucieux de s’accrocher à toutes forces à la rationalité de ce système, les marchés, comme on dit à la télévision, se sont davantage inquiétés de la dette liliputienne de la Grèce que de ce constat oh combien plus explosif :
la première puissance du monde est en quasi-faillite, et rien dans ces perspectives n’indique qu’elle pourra
facilement rebondir.
Bref on ne lit aucun élément de rebond sur la « pente »américaine.
Oui mais voilà : sur les places financières, on vend de l’euro, de la livre pour acheter du dollar. Les marchés portent un visage crédule et confiant sur la patrie de Washington et de Kennedy : chacun s’accroche furieusement à l’idée – pas fausse au demeurant - que l’économie américaine rebondit plus facilement que celle de l’Europe ou du Japon.
Pourtant, les ressorts semblent grippés. Un calcul économique de coin de table assure qu’avec une dette de 100% du PIB, seule une croissance de 5% permet de se garder de la spirale de l’endettement. Celle des Etats Unis n’excéderait pas 3,2%.
L’indulgence dont bénéficie l’Amérique est aussi politique :
L’indulgence dont bénéficie l’Amérique est aussi politique :
les acteurs des marchés qui misent sur le dollar intègrent la dimension politique. Ils captent le pacte tacite entre les Etats-Unis et la Chine. On se souvient qu’à la fin de l’année 2009, les tensions s’étaient multipliées entre les deux pays. L’affaire Google avait reposé le problème de la loyauté des autorités chinoises envers les investissements américains. La sous-évaluation du yuan posait un problème insurmontable aux industriels américains.
Et puis, à Copenhague, les deux pays se sont mis d’accord … pour ne pas faire grand chose, comme l’a confirmé le scoop du Spiegel la semaine dernière : en fait Obama est intervenu pour faire cesser les pressions européennes - et notamment de Nicolas Sarkozy - sur les dirigeants chinois. La nouvelle mansuétude américaine vis à vis de la Chine coïncide parfaitement avec la décision de cette dernière de racheter des Bons du trésor américains.
Les marchés apprécient peut-être les Etats Unis comme la partie déficitaire d’un ensemble « ChinAmérique » (le fameux G2), qui serait, lui parfaitement équilibré. Mais l’insolence du dollar n’est donc peut-être que provisoire. C’est ce que pense le financier Marc Fiorentino :
Les marchés apprécient peut-être les Etats Unis comme la partie déficitaire d’un ensemble « ChinAmérique » (le fameux G2), qui serait, lui parfaitement équilibré. Mais l’insolence du dollar n’est donc peut-être que provisoire. C’est ce que pense le financier Marc Fiorentino :
« le jour où les investisseurs ôteront leurs lunettes américaines roses en 3D, il faudra courir aux abris et l'euro deviendra ce jour-là une valeur refuge. Ne souriez pas. Vous verrez. Ce n'est qu'une question de mois, voire de semaines... »
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