Le jour où Sarkozy a cru sauver sa cote
Il avait été vexé, notre président, d'avoir été accusé
de tourisme diplomatique il y a 15 jours.
Il n'avait alors pas interrompu son voyage en Chine alors que
l'Europe boursière sombrait dans la dépression.
Cette semaine, il a retrouvé son rôle de sauveur, mais toujours pas celui de président. Dès mercredi soir, il filait en weekend, pont de l'Ascension oblige.
Les Bourses, elles, replongent.
Zorro ou zozo ?
Lundi, le gouvernement se félicitait, sur toutes les ondes, de l'accord historique trouvé la veille par les dirigeants européens: 750 milliards d'euros pour sauver la monnaie unique ! !
En France, on a insisté sur le rôle central de Nicolas Sarkozy:
«Sarko le Zorro»
a tout fait, tout initié, tout pensé, faute d'alter ego en Europe. Le président Van Rompuy de l'Union européenne s'est révélé inexistant ; les Britanniques n'avaient pas de gouvernement, les Polonais pas de président ; les Belges se chamaillent, les Espagnols sont trop endettés, et les Allemands réticents pour cause d'élection locale.
En fait, Le vrai président de l'Union européenne fut Barack Obama. Ce dernier, agacé des tergiversations européennes, a appelé longuement Angela Merkel avant la tenue du conseil européen du 7 mai,
puis Sarkozy samedi,et à nouveau Merkel dimanche..... Le boss, c'était lui.
puis Sarkozy samedi,et à nouveau Merkel dimanche..... Le boss, c'était lui.
Effectivement, dès lundi, les marchés furent euphoriques, dopés par ces belles promesses de garanties publiques. Mais cinq jours plus tard, le soufflet était retombé. La reprise économique est fragile, surtout en France. Les plans de rigueur, qui s'annoncent un à un en Europe, risquent de provoquer une rechute. Pire, le quotidien El Pais prétendait, vendredi, que Sarkozy avait menacé de sortir la France de l'euro. Le premier ministre espagnol Zapattero dément, mais le mal est fait. L'euro plonge à nouveau, pour atteindre son plus bas niveau depuis novembre 2008.
Candidat ou touriste ?
Mardi, le Monarque déambulait, le pas lourd, les épaules tressautant, dans le nouveau musée Beaubourg de Metz. Un symbole de la renaissance lorraine, a-t-il expliqué. Les ouvriers de Gandrange seront heureux de l'apprendre.
A Paris, un député socialiste détaille les tracasseries gouvernementales contre l'enquête parlementaire sur l'attentat de Karachi.
Mercredi, quelques députés UMP sont sortis ravis de leur entrevue avec le Monarque. Ce dernier a enfin prononcé «le» mot jusqu'ici tabou : «candidat». Sarkozy a déroulé le scénario de l'automne : Fillon et Woerth achèveront la réforme des retraites, puis changement de gouvernement, avec quelques «grosses» surprises, et la pré-campagne pour 2012 peut démarrer. Sarkozy a testé ses futurs slogans de campagne : limité à deux mandats grâce à «sa» réforme constitutionnelle de 2008, il pourra se montrer rassembleur et protecteur.
Protecteur pour qui ?
Sur le papier, le slogan est porteur, mais connu. François Mitterrand déjà, en 1988, l'avait joué force tranquille et grand-père des Français, contre une droite à l'époque marquée par la vague libérale. Mais Sarkozy aura quelques difficultés à endosser le costume: son caractère ne s'y prête pas, sa politique encore moins.
Les trois premières années de son action ont été marquées par l'aggravation des clivages sociaux : chômeurs, jeunes, pauvres, musulmans, on ne compte plus les catégories désignées à la vindicte populaire par le Monarque et ses proches.
Sarkozy prétend que la reprise est là. Vraiment ?
Au premier trimestre, le chômage a franchi la barre symbolique des 10% des actifs (d'après l'OCDE). La croissance du PIB a aussi été divisée par 4 par rapport au timide rebond du trimestre précédent (+0,1% versus +0,5%). Les dépenses de consommation des ménages stagnent (+0,00% !!), voire diminuent (-1,9% pour les produits manufacturés)
la production ralentit (sauf pour l'énergie, hiver oblige).
La contraction de l'investissement se poursuit, note enfin l'INSEE.
Que du bonheur !

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