LVMH a annoncé l'arrivée de Bernadette Chirac dans son conseil d'administration. Chez Hermès, c'est Florence Woerth, la femme du ministre du Travail, qui fait son entrée.
Montée des réseaux politiques dans les conseils d'administration ? Pour Pierre-Yves Gomez, directeur de l'Institut français de gouvernement des entreprises, c'est plutôt un effet pervers de la loi imposant des femmes dans les conseils d'administration.Comment interprétez-vous les choix de Bernadette Chirac et Florence Woerth par LVMH et d'Hermès ?
La loi va demander aux entreprises une quasi parité : les femmes devront former 40% des conseils d'administration à six ans avec une étape intermédiaire à 20% à trois ans. On se trouvera dans la situation des Espagnols ou des Norvégiens. Sur le plan du principe, on ne peut qu'applaudir. Sur le plan de la réalisation, ce sera intéressant de voir ce qui va se passer.
[Si elles veulent respecter ces objectifs], les entreprises sont obligées d'anticiper la loi et de prendre des femmes dès maintenant pour le renouvellement des postes.
C'est une très grosse révolution.
L'autre effet, c'est que cela va limiter toutes les revendications des salariés pendant des années. L'effort pour intégrer des femmes est tel que les entreprises ne vont pas pouvoir compliquer l'équation en rajoutant d'autres critères (comme la représentation des salariés).
Les recrutements risquent d'être de deux types.
D'abord des femmes neutres, type Bernadette Chirac, qui est quelqu'un qui en jette mais qui est totalement dans le réseau. On se demande ce qu'elle peut apporter et en terme stratégique, elle est neutre, elle ne sera pas gênante.Quel que soit le respect qu'on lui porte, on ne peut pas dire qu'elle sera un administrateur actif en terme de décision.
L'autre type d'administrateurs, ce sont des femmes type énarques ou polytechniques avec un parcours élitiste qui reproduisent le capitalisme des hommes au pouvoir. Florence Woerth est dans ce deuxième groupe.
Cela risque de verrouiller encore plus la stratification sociologique en France : cela ne va pas ouvrir les conseils. On risque de surenchérir sur le conformisme alors que l'objectif initial était de faire un peu bouger les conseils, d'introduire du sang neuf.
Et maintenant.....les femmes "de" .......

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