samedi 13 février 2010

Déclaration du Maire de Poitiers

J’ai reçu, en présence de Catherine COUTELLE, Députée de la Vienne, Emmanuelle LILLO de RESF, ainsi que les représentants de la CIMADE et de la Ligue des Droits de l’Homme. Suite à cet entretien je tiens, par cette déclaration, à donner aux Poitevins ma position sur le débat légitime entre sécurité des biens et des personnes et liberté de manifester.





Poitiers est une ville de droits et j’entends qu’on n’y porte pas atteinte. D’abord le droit de tous les Poitevins à la quiétude. Rien ne peut justifier ou excuser que des individus blessent notre ville. Ceux qui détruisent les biens publics ou privés, quels qu’en soient les motifs, ne peuvent bénéficier de notre bienveillance. Ces délinquants ne défendent aucune cause et servent, au contraire, les intérêts de ceux qui veulent discréditer le mouvement social. Je souhaite que la Police les trouve et que la Justice passe.





Mais protecteur des biens, je le suis surtout des personnes. Poitiers est depuis toujours une ville d’expression. Les Poitevins ont gardé intacte cette faculté d’indignation et nous ne pouvons que nous en réjouir. La bonhomie qui marque ces rassemblements n’est pas morte le 10 octobre. Les Poitevins doivent pouvoir défendre les causes qui leur sont chères en toute sérénité. Là aussi, il nous faut, collectivement refuser tout amalgame, éviter tout engrenage.





Le maintien de l’ordre public est nécessaire et essentiel. Mais de solution, il ne doit pas devenir problème. Les responsables nationaux se sont interrogés ou s’interrogent aujourd’hui sur les conditions de la garde-à-vue. L’actuel premier ministre appelle d’ailleurs à ce qu’elles «restent des actes graves pour ceux qui les décident parce qu’[elles] sont graves pour ceux qui les subissent.» Je souhaite que le Gouvernement en tire toutes les conséquences.





De son côté, le législateur doit travailler pour clarifier les choses. Le groupe socialiste déposera une proposition de loi en ce sens. Elle offrira un cadre garantissant les droits de nos concitoyens et la sécurité juridique des forces de l’ordre.





La République c’est l’équilibre entre la liberté de tous et le droit à la tranquillité de chacun. Les Poitevins m’y savent plus qu’attaché et peuvent être sûrs d’une chose : je ne laisserai pas le mouvement social discrédité par les déprédations des uns ou muselé par la pression des autres.





Alain CLAEYS

Député-Maire de Poitiers

1 commentaire:

  1. Alain Clayes dans son dernier paragraphe met le ton pour enrailler une situation des plus délicates et il le fait avec doigté.
    Oui à la démocratie au droit de revendiquer dans les rues,oui au dialogue populaire sous toutes ces formes,mais non aux casseurs de tous poils et non à ceux qui font un amalgame entre tout çà et qui par là interdisent et répriment toute sorte de revendications

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