Les familles roms racontent leur évacuation "forcée"
Après leur expulsion de Saint-Denis cette semaine, les Roms se sont dispersés. LEXPRESS.fr a retrouvé certaines familles.
Delphine Legouté / LEXPRESS.fr
Après leur expulsion de Saint-Denis mercredi, les Roms se sont dispersés. LEXPRESS.fr a retrouvé certaines familles. Toutes racontent qu'on les a forcées à monter dans un tram, puis dans plusieurs trains. Une version réfutée par la préfecture de Seine-Saint-Denis.
Depuis leur expulsion du camp de Saint-Denis, mercredi, les familles roms se sont dispersées autour de Paris, à la recherche d'un nouveau squat. Ces familles, Livia Otal les connaît bien. La coordinatrice du programme Roms chez Médecins du monde a tenté de les localiser durant deux jours pour leur apporter son aide. Ce vendredi midi, elle a enfin localisé un petit groupe Porte de Clichy, au nord-ouest de la capitale.
Une trentaine d'hommes, de femmes et d'enfants sont alignés sur un trottoir, entre une station service et le périphérique. " Après l'évacuation, on a d'abord essayé de se reposer sur un terrain à Aubervilliers, raconte Calin, un père de famille de 28 ans. Mais les policiers nous ont fait partir " .
A la Porte de Clichy, la bouche de métro n'est pas loin, le risque de se faire déloger le soir-même très probable. Tous sont assis sur des sacs de couchage et de vieilles couvertures, dans l'attente. Le gros de leurs affaires est resté au camp, détruit mercredi par les pelleteuses.
"Les policiers nous ont forcés à monter dans le tram"
Ces Roms sont habitués aux expulsions. Mais selon eux, celle de mercredi ne ressemblait pas aux autres. " Les policiers nous ont forcés à monter dans le tram jusqu'à Noisy-le-Sec poursuit Calin. Une fois là-bas, on a dû prendre le RER B. A chaque fois que l'on voulait descendre à une station, des policiers étaient et là et nous en empêchait. On a dû changer de trains plusieurs fois, ça a duré 3 heures ".
D'après Livia Otal, tous racontent la même chose : l'obligation de prendre le tram puis différents trains, la contrainte policière et l'incompréhension. " S'il n'y a pas de mesure d'expulsion ou de garde à vue, les CRS n'ont pas le droit de les forcer à prendre un moyen de transport", s'indigne-t-elle.
La préfecture réfute toute opération illégale
Loin de partager cette version de l'histoire, la préfecture de Seine-Saint-Denis répond: "A partir d'une décision de justice du 18 juillet, les policiers sont allés déloger ces gens avant l'arrivée de la pelleteuse. La station de tramway n'était pas loin, les familles s'y sont dirigées de leur plein gré et ceux qui ne voulaient pas monter sont partis. Ils ont demandé à aller à Noisy-le-Sec. Une fois là-bas, le travail policier s'est arrêté".
Y a-t-il eu obligation à monter dans les trains et à y rester? Pour y voir plus clair, la Cimade annonce son intention de porter plainte dès la semaine prochaine et de saisir le défenseur des droits. Sur le terrain, Livia Otal et une médecin bénévole parent au plus pressé. Les bébés ont besoin de manger, un petit garçon semble s'être cassé le bras dans la cohue ... Elles vont et viennent entre l'hôpital et le périphérique, en attendant la prochaine expulsion.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire