mardi 27 septembre 2011

Enquête sur ces économistes engagés 
 dans la primaire socialiste

Médiapart

La crise de la dette en Europe bouscule de fond en comble l'équation présidentielle de 2012. Les candidats à la primaire socialiste le savent. Tous ont cherché à s'entourer d'universitaires, censés leur apporter une crédibilité sur ces questions, complexes mais décisives. Mediapart a passé en revue les équipes des candidats, et interrogé les économistes qui travaillent avec eux.
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Cliquez sur l'image pour l'agrandirCliquez sur l'image pour l'agrandir© Christophe Gueugneau

Des équipes déséquilibrées 
Comme cette cartographie le montre, tous les candidats ne sont pas à égalité. Ils n'ont pas tous la même vision du travail avec les "experts", ni les mêmes références. Sans surprise, Martine Aubry et François Hollande concentrent à eux deux l'essentiel des ralliements des grosses pointures. Souvent dans l'ombre des deux grosses écuries médiatiques, les trois autres candidats socialistes n'affichent pas un staff aussi fourni, mais revendiquent une autre approche du travail d'élaboration. Du moins pour ce qui concerne Ségolène Royal et Arnaud Montebourg.
Sollicitée à de nombreuses reprises, l'équipe de Manuel Valls n'a pas été en mesure de répondre à nos questions.
Des valeurs refuges, crise oblige
Paradoxe: alors que la crise a bousculé beaucoup de certitudes, et montré la fragilité des analyses de certains économistes installés, les candidats à la primaire socialiste ont choisi de travailler avec des pointures universitaires et des valeurs sûres – Daniel Cohen (professeur à l'Ecole d'économie de Paris) et Philippe Aghion (professeur à Harvard) en tête. Aucun «atterré», du nom de ce collectif d'économistes très critiques à l'égard des plans d'austérité, n'est présent de façon officielle. Et l'un des experts les plus critiques, au sein du PS, en la personne de Liêm Hoang Ngoc, proche de Benoît Hamon, est sur le banc de touche.
La croissance, rien que la croissance
Il est loin le temps où Ségolène Royal, conseillée par la sociologue Dominique Méda, militait en 2007 pour se défaire du Produit intérieur brut, et imposer d'autres manières de mesurer la richesse. Nicolas Sarkozy, une fois élu, avait pris la balle au bond en mettant sur pied la commission Stiglitz/Fitoussi, censée réfléchir aux manières de chiffrer le bien-être. Depuis, la crise est passée par là, l'Europe redoute une nouvelle récession, et la plupart des candidats sont rentrés dans le rang: priorité à la croissance et à l'innovation, pour relancer la machine, et créer des emplois.
Quelques grands absents
Certains aideront sans doute le Parti socialiste le moment venu, mais ils refusent à s'engager dès l'étape des primaires. L'exemple le plus emblématique est sans doute Thomas Piketty, dont le dernier essai, sur la fiscalité, pourrait servir de colonne vertébrale à la«révolution fiscale» que promet le PS.
Figure de l'Ecole d'économie de Paris, il préfère s'en tenir, pour le moment, au débat public: «Ce qui se dit en privé, à l'oreille d'un candidat, n'a aucune importance. Ce qui compte, c'est ce que l'on dit dans le débat public. Je n'ai par exemple jamais écrit une seule note pour un candidat. Par contre, débattre sur un plateau télé, face à Jean-François Copé, me semble beaucoup plus efficace», explique-t-il à Mediapart. Mieux vaut influencer le PS depuis l'extérieur, estime Piketty, qui confirme son léger penchant pour Martine Aubry, comme il le laissait entendre, de manière très prudente, dans Libération.
Même choix pour son collègue Philippe Askenazy, qui s'est«gauchisé» au fil de la crise, devenant l'un des chefs de file du collectif des économistes «atterrés»: «Je fais mon boulot d'universitaire, pour aider à faire avancer les débats», résume-t-il, tout en se gardant de soutenir l'un ou l'autre des candidats. Signalons aussi l'absence d'un autre poids lourd français, Olivier Blanchard, l'actuel chef économiste du Fonds monétaire international (FMI), très proche de Dominique Strauss-Kahn, et interdit de toute intervention directe, de par ses fonctions.

L'équipe de Martine Aubry

La tête d'affiche

Daniel Cohen se préparait depuis des mois à faire campagne pour Dominique

Strauss-Kahn. Quelques jours après l'éclatement de l'affaire DSK à New York, il donne au Monde un entretien. Sous le choc, il semble alors très indécis pour la suite. L'économiste s'est vite repris: ce sera Martine Aubry. «Je la connais depuis longtemps, et nous entretenons une vraie complicité intellectuelle», assure-t-il aujourd'hui. «J'avais travaillé avec elle en 2002, lors de la campagne malheureuse de Lionel Jospin, et je me retrouve dans sa démarche d'aujourd'hui, de faire une campagne à la fois ambitieuse et posée. A l'inverse, je connaissais beaucoup moins bien François Hollande.»

Sur le fond, Cohen, agrégé de mathématiques, est un spécialiste de l'endettement des pays du Sud, et par extension des dettes souveraines partout dans le monde – ce qui tombe plutôt bien, vu la situation en Europe. Ses articles de référence remontent aux années 1980 et 90, dont certains co-écrits avec Jeffrey Sachs, figure de l'économie du développement aux Etats-Unis. Outre ses activités d'enseignement, Cohen préside le conseil d'orientation de la fondation Jean Jaurès, une boîte à idées financée par le Parti socialiste.
L'équipe de François Hollande n'a pas hésité à l'attaquer sur ce qui pourrait devenir son talon d'Achille si la campagne se durcissait: d'éventuels conflits d'intérêts. Car Daniel Cohen n'est pas seulement un économiste reconnu. Il travaille, comme «senior advisor», pour la banque Lazard. A ce titre, il conseille le gouvernement grec, en lien avec son ami Matthieu Pigasse, vice-président de Lazard pour l'Europe.
Jean-Pierre Jouyet, conseiller officieux de François Hollande, l'a ainsi épinglé, à mots voilés, lors d'un entretien sur France Info, début septembre (voir la vidéo ici, à partir de la 5e minute), l'accusant de servir les intérêts grecs, coûte que coûte...
Cohen rejette en bloc, assurant que son travail en Grèce renforce son expertise pour Martine Aubry: «C'est un faux procès. Mes travaux universitaires portent depuis très longtemps sur l'endettement des Etats. J'ai toujours combiné en ce domaine études théoriques et travaux pratiques, en ayant travaillé par exemple pour la Banque mondiale au plan de désendettement des pays pauvres. Quand Matthieu Pigasse m'a proposé de travailler sur ces sujets pour la banque Lazard, j'ai jugé que c'était une opportunité extraordinaire de conseiller directement les Etats en difficulté. J'ai par exemple travaillé avec le président de l'Equateur, Rafael Correa, après sa décision (en 2009 - ndlr)d'annuler de manière unilatérale la dette de l'Equateur. C'est un travail passionnant, complémentaire à mes activités universitaires. J'en suis très fier. Evidemment, si Martine Aubry était en responsabilité aujourd'hui, la situation serait différente.»Daniel Cohen n'a pas souhaité dire à Mediapart le pourcentage de ses rémunérations liées au secteur privé.
Comment ils s'organisent
Concrètement, c'est Daniel Cohen et le député Pierre-Alain Muet, économiste de formation et ancien conseiller de Lionel Jospin, qui pilotent le travail d'élaboration. Le tout en étroite relation avec le cabinet de Martine Aubry, et notamment l'incontournable Jean-Marc Germain. Guillaume Bachelay, la «plume» et le spécialiste des questions industrielles, est également souvent associé.
Tous se connaissent bien, et depuis longtemps. A tel point que, comme à Solférino, certains adversaires persiflent: «Aubry est bunkérisée avec François Lamy (son conseiller spécial) et Germain», dit l'un d'eux. Pierre-Alain Muet, lui, voit leur complicité ancienne comme un avantage: «Daniel Cohen et moi, nous sommes en phase.» Et ils disposent d'un réseau conséquent d'économistes (et de "technos") prêts à leur faire des notes.
Par ailleurs, Aubry peut compter sur les conseils de ses nombreux amis chefs d'entreprises ou banquiers. Sous la houlette de Daniel Cohen, un «comité de suivi de la crise» s'est réuni le 25 août, à l'abri des regards de la presse – la plupart veulent rester anonymes, explique l'entourage. Seuls quelques noms ont filtré: Jacques Delors et le banquier d'affaires Lionel Zinsou (proche de Laurent Fabius), ancien de Rothschild et désormais président du fonds d'investissement PAI Partners.
Dans cette configuration, les grands perdants sont les tenants de l'aile gauche du PS, et notamment l'économiste Liêm Hoang Ngoc, déjà fragilisé depuis 2009 par le départ de Jacques Généreux au parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon. Il n'a pas été invité au «comité de suivi de la crise», et il est très peu consulté. «On m'a commandé deux notes, c'est tout», explique-t-il.
La ligne politique
Daniel Cohen tente d'imposer l'idée d'une «banque publique européenne», qui remplacerait le Fonds européen de stabilité financière (FESF) en cours d'élaboration. Cette structure rachèterait la dette des pays européens en difficulté (ce que fait aujourd'hui la Banque centrale européenne, à contrecœur), aiderait certaines banques si besoin, et pourquoi pas, émettrait les fameux «eurobonds», ces obligations européennes présentées par certains comme un bouclier contre la spéculation sur les dettes.
L'économiste a également pesé pour que Martine Aubry se prononce pour une réduction du déficit public à 3% en 2013:«Martine Aubry a vite été convaincue que c'était à la fois crédible et possible.» «C'est un des premiers échanges qu'on a eus avec Daniel, et on était tout de suite sur la même position...», explique Pierre-Alain Muet. Eux ont aussi défendu le principe d'allouer la moitié des nouvelles marges financières que la candidate veut dégager grâce à la réforme fiscale, à la réduction du déficit. Le reste doit permettre de relancer la croissance et de financer les emplois jeunes nouvelle formule prônés par la candidate...
De quoi faire grincer quelques dents: «Ils sont dans une bulle. Le centre de gravité de cette équipe est autour de Jospin. Ils ont l'illusion qu'ils vont pouvoir faire la même chose... C'est complètement déconnecté de la réalité!»


L'équipe de François Hollande

La tête d'affiche
Très présent en 2007, aux côtés de Ségolène Royal, Philippe Aghion, professeur à Harvard, et auteur d'un essai récent pourRepenser l'Etat, est une pièce maîtresse du dispositif Hollande. Officiellement, il assure ne pas rouler pour un seul candidat: «J'ai des sympathies à gauche pour tout le monde», assure-t-il à Mediapart. Dans les faits, c'est lui qui sert de relais entre l'ex-premier secrétaire du parti et une bonne partie du milieu universitaire. Ses travaux scientifiques, très reconnus à l'international, portent sur la croissance et l'innovation, dans le sillage de l'économiste autrichien Joseph Schumpeter (1883-1950). Trait intéressant: il défend une approche de la fiscalité moins radicale que celle d'un Thomas Piketty.
Autour d'Aghion figurent deux autres économistes bien connus des lieux de pouvoir, tous deux au Conseil d'analyse économique (CAE, rattaché à Matignon) – et plutôt conservateurs. A défaut d'être très à l'aise sur l'international, ils sont persuadés de connaître les recettes pour relancer la croissance française. «Ils faisaient partie du groupe de travail sur l'économie, autour d'Eric Besson, en 2006», rappelle Philippe Askenazy. D'un côté, Elie Cohen, économiste tout-terrain, habitué des médias, qui pourrait apporter sa fine connaissance du terreau industriel français. De l'autre, Gilbert Cette, un autre vieux routard rattaché à la Banque de France, qui s'est distingué, ces derniers temps, en s'en prenant au salaire minimum (lire l'analyse de Laurent Mauduit, en page 4).
Comment ils s'organisent
Comme chez Martine Aubry, il y a d'abord le noyau politique chargé d'élaborer au quotidien et d'arbitrer les choix économiques avec le candidat: là on retrouve sans surprise Michel Sapin, secrétaire national du PS à l'économie et soutien "historique" de François Hollande, qui a amené, dans son sillage, le jeune Manuel Flam, à l'origine surtout spécialiste des questions d'écologie. L'équipe compte aussi Karine Berger, partie récemment du groupe d'assurance-crédit Euler Hermes et proche de Pierre Moscovici, et la sénatrice Nicole Bricq.
Eux travaillent en lien étroit avec l'équipe de "technos", issus de l'administration, chargés de faire des notes, et directement coordonnée par François Hada, jeune collaborateur de Jean-Marc Ayrault au groupe socialiste à l'Assemblée, et Constance Rivière, arrivée avec Moscovici dans l'organigramme hollandiste. Au total, ils sont une cinquantaine, selon Manuel Flam, dont un noyau d'une dizaine ultra-réactifs, précise Karine Berger.
A un autre niveau, on retrouve donc les "têtes d'affiche" et les«amis de François», au premier rang desquels Jean-Pierre Jouyet, ancien secrétaire d'Etat de François Fillon, devenu président de l'Autorité des marchés financiers par la grâce de Nicolas Sarkozy. Autant dire que ses conseils au favori des sondages font grincer dans certains rangs socialistes. «Mais François Hollande n'est pas d'accord sur tout avec Jouyet... Par exemple sur le règlement de la dette grecque», précise Karine Berger. Hollande est également proche d'Emmanuel Macron, jeune énarque actuellement banquier chez Rothschild. «Il fait le go-between avec les milieux financiers», prétend l'ancienne économiste en chef d'Euler Hermes.
La ligne politique
L'équipe de François Hollande semble dessinée pour relancer la croissance française, quitte à faire l'impasse sur la crise de l'euro. Romain Rancière (Ecole d'économie de Paris) ou André Sapir (centre Bruegel, à Bruxelles), deux spécialistes de la crise en cours contactés par Philippe Aghion, sont bien intervenus le 24 août, mais l'expérience s'est arrêtée là.
Pour le reste, le maître mot est sans cesse martelé: celui de la crédibilité. Elie Cohen semble avoir imposé l'idée, non seulement du déficit public à 3% du PIB en 2013 (reprise par Martine Aubry), mais encore réduit à 0% en 2017. «Sur les déficits publics, Aubry et Hollande ne racontent pas du tout la même chose. C'est une ligne de fracture», estime Philippe Askenazy. Même chose selon l'économiste "atterré" sur le «contrat de génération» défendu par Hollande et qui prévoit que, pour l'embauche d'un jeune en échange du maintien d'un senior, une entreprise puisse être exonérée de cotisations sociales. «Cela va coûter très cher et sera particulièrement inefficace», juge Askenazy.
Clairement, le volet économique et social du projet de Hollande – qui défend une approche de gestionnaire qui ne saurait tout promettre aux Français, selon les éléments de langage de son équipe – fait grincer les dents des économistes les plus à gauche.

Royal, Montebourg: d'autres sources d'inspiration



 Arnaud Montebourg
 C'est tout le paradoxe: le candidat de la démondialisation, qui a fait des questions économiques et sociales son principal point de différenciation dans la primaire, n'affiche pas «d'économiste en chef», issu du PS ou des bancs de l'université. «On n'a pas de Fitoussi ou de Daniel Cohen... Et on ne cherche pas d'économiste organique», assume Aquilino Morelle, le directeur de campagne d'Arnaud Montebourg.
Lui a procédé autrement: d'un côté, un «faisceau de réseaux intellectuels» consultés et, de l'autre, quelques «technos» issus de Bercy ou de la Cour des comptes qui préparent les notes et mettent les propositions en musique – le tout étant coordonné par l'ancien de l'UFC-Que Choisir, rallié récemment à Montebourg, Julien Dourgnon.
«Mon principe, c'est la mixité des profils. Les "technos", c'est très important, mais je ne veux pas qu'ils soient majoritaires», explique Dourgnon. Ils sont «quatre ou cinq» à travailler régulièrement pour le candidat, en combinaison avec la «galaxie informelle» d'universitaires.
Là, on retrouve les noms régulièrement cités par Arnaud Montebourg dans ses livres (notamment Des idées et des rêves), comme Frédéric Lordon ou Jacques Sapir. Le député a aussi rencontré plusieurs économistes atterrés, dont Philippe Askenazy, ou le jeune spécialiste de la finance Gaël Giraud. Au total, dit Dourgnon, «une vingtaine d'universitaires ont été consultés».
Dans cette constellation, Emmanuel Todd occupe une place à part: il n'est pas économiste de formation mais, selon Aquilino Morelle,«c'est le meilleur aujourd'hui sur les questions économiques» et, contrairement aux autres, il a affiché son soutien à Arnaud Montebourg en préfaçant son petit ouvrage Votez pour la démondialisation.


Ségolène Royal

Contrairement à la dernière présidentielle, Ségolène Royal n'affiche plus de grosses pointures établies dans son staff, qui s'est considérablement réduit. L'essentiel de ses propositions, parfois iconoclastes par rapport aux discours très classiques de Martine Aubry et François Hollande – comme le gel du prix de produits de base, ou de l'essence, et la vaste réforme bancaire –, provient de son expérience de 2007 et du travail effectué par la présidente de Poitou-Charentes depuis trois ans.
Au cœur du dispositif: les fameuses universités populaires et participatives, auxquelles de nombreux intellectuels ont participé. Sans que cela vaille soutien. «Plusieurs experts économiques y ont été invités comme Attali, Aghion, Askenazy, Yann Algan ou Piketty, et il arrive qu'on maintienne des contacts avec eux. Mais c'est davantage la pensée qui nous intéresse, plutôt que l'allégeance», explique la directrice de campagne de Royal, Dominique Bertinotti.
L'un de ces économistes, Yann Algan, explique: «J'ai beaucoup de respect pour Ségolène Royal, et me retrouve dans certains de ces thèmes clés tels que la participation citoyenne, le non-cumul des mandats, recréer une société de confiance. Elle a été souvent pionnière dans ces thèmes qui sont maintenant repris par beaucoup de candidats.  En revanche je ne suis affilié à aucun candidat, pas plus à Royal qu'à un autre. Si les candidats trouvent certains de mes travaux intéressants, parfaits, mais je n'écris pas de programme politique.»
Quant à l'équipe de «technocrates», mise en valeur par Royal en 2006-2007, elle a également disparu. «Il n'y a pas de relation de dépendance avec les experts, Ségolène n'est pas en attente de leurs notes. Elle a d'abord une capacité à entendre les véritables attentes du terrain, comme lorsqu'elle propose de bloquer les prix de certains produits de première nécessité», poursuit Bertinotti.
Un proche, sous couvert d'anonymat, argumente: «On fonctionne en cercles concentriques. Des notes continuent à être faites, mais par de jeunes "Bercymen" proches de nous. Nous n'avons plus d'organisation "techno" avec plus de 200 "pondeurs de notes", comme cela avait été le cas en 2006-2007. Certes, parce que beaucoup sont partis, mais c'est aussi une volonté.»
L'équipe de Royal dit aussi s'inspirer du travail de certains économistes très critiques face à la crise, comme Paul Jorion, ou le travail des "atterrés", comme Frédéric Lordon. «Même si tous ne sont pas très aimables avec nous», sourit un conseiller. Et la candidate continue de s'appuyer sur son bilan à la tête de la Région Poitou-Charentes, qu'elle présente très souvent comme son laboratoire politique.

 Mannuel Vals
Son équipe, malgré de nombreuses relances, n'a pas été en mesure de nous répondre.


Par :
   
 Ludovic Lamant

Lénaïg Bredoux

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