mardi 20 avril 2010
Sarkozy à Bobigny: des "mesures gadgets", selon Bartolone, des propos '"affligeants" pour Buffet
Claude Bartolone, président PS de Seine-Saint-Denis, département où s'est rendu mardi Nicolas Sarkozy, se dit "révolté" par les propos tenus par le chef de l'Etat, y voyant "un best of de mesures gadgets".
"En Seine-Saint-Denis, les visites passent, les réalités demeurent", écrit le député dans un communiqué.
"Là où nous attendions des annonces sur toutes les grandes politiques publiques", le "chef de l'Etat s'est livré à une espèce de'+best of+ de mesures gadgets déjà formulées ces dernières années en matière de sécurité (vidéosurveillance, bandes, halls d'immeubles)", poursuit-il.
"La réalité, c'est que M. Sarkozy est en charge de la sécurité des Français depuis 8 ans, comme ministre de l'Intérieur puis comme président de la République. Le résultat, c'est l'échec cuisant, notamment en Seine-Saint-Denis où les agressions ont augmenté de 3,2% rien qu'entre 2008 et 2009".
"M. Sarkozy ne veut toujours pas entendre que le préfet Cordet l'avait alerté en 2006 sur la situation alarmante du département. Sa seule réponse fut --et cela devient une habitude-- de changer de préfet", accuse le bras droit de Martine Aubry. "La parole du président de la République a perdu toute valeur, et c'est bien regrettable du point de vue du respect de nos institutions".
Le président "n'a pas pu s'empêcher d'entrer dans la polémique politicienne, invectivant les élus de la Seine-Saint-Denis suite au budget de révolte du conseil général", accuse M. Bartolone. "Ce n'est pas digne d'un chef d'Etat. M. Sarkozy m'a mis en cause --et quasiment menacé-- en promettant que le nouveau préfet se chargerait de remettre de l'ordre au conseil général".
"Chiche, monsieur le président! Pour remettre de l'ordre, je répète ma demande solennelle que l'Etat rembourse les 75 millions que l'Etat nous doit cette année au titre des transferts de charges non compensés", conclut le député.
Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, a pour sa part qualifié d'"affligeants" et "confus" les propos de Nicolas Sarkozy tenus sur la sécurité.
"Face à la montée de l'insécurité et aux protestations d'une population subissant de plein fouet la crise économique, il n'y a rien à attendre des propos présidentiels. Pas de moyens nouveaux, mis à part 800 caméras de vidéo-surveillance!", s'exclame la députée de Seine-Saint-Denis dans un communiqué.
Son département "n'a pas besoin de discours sécuritaire, mais de nouveaux moyens", insiste-t-elle.
"Dans un discours confus où étaient successivement accusés les jeunes, les immigrés et les parents démissionnaires, le président a annoncé un nouveau dispositif législatif pour conditionner les allocations familiales à l'absentéisme scolaire. Mesure totalement inefficace et qui aggrave plutôt qu'elle ne résout la situation des familles", estime l'ex-ministre.
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